| | {* La vie est ainsi faite ... | |
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Dallveig E. Johansen Admin

   Age : 16 Inscrit le : 16 Nov 2007 Messages : 1013 » Where are you ?! : Paris. » Connections : Tous les jours. ! » Humeur : Effrontée. Fiche perso' » Prénom: Dallveig Elweard » Age: Vingt ans. » Nationalité: Scandinave..Français.. ?
 | Sujet: {* La vie est ainsi faite ... Mer 1 Oct - 20:58 | |
| Rutillante sous le feu des lampadaires trônants sur le quai pavé de la gare de Lyon, la locomotive couperosée fit son apparition majestueuse dans l'une des plus prestigieuse gare de la Ville Lumière. Ville Lumière qui portait bien son nom en cette nuit noire, glaciale, où elle brillait de ses mille feux. S'annonçant par des hurlements suraïgus dûs au crissement des roues d'acier sur les rails de fonte, la locomotive ralentit jusqu'à un arrêt quasi-total. Les wagons cobalt, traversés d'une mince estafilade blanche, ou bien noirs s'ébralèrent une dernière fois, patinant sur les rails avant de rendre leur ultime soupir. La motrice grogna projettant un puissant jet de vapeur qui vint inonder le quai, flotant à présent dans un nuage à l'odeur inimitable. Ce train hors-du-commun semblait totalement décalé avec son temps lorsque l'on était habitué aux flambants trains à grande vitesse; il fallait avouer que cette DC 6/6 rouge avait fière allure. Apparition soudaine au milieu de cette nuit de déluge, glaciale et dépourvue d'étoiles. Envelloppé de brouillard, le train s'immobilisa enfin, il y eût quelques sifflets de cheminots dans la gare pratiquement déserte. L'atmosphère était peu commune d'une gare : nul cri, nul annonce aux hauts-parleurs, nul pas pressés martelant le sol. La nuit bien avancée avait garantit la paix dans la Gare de Lyon mis à part peut-être les "shhhhh" dégagés par la locomotive encore fumante, les voyageurs sautant sur le quai et enlaçant tendres amants ou chers proches, valise en main ou bien encore les sifflets des cheminots, et les bruits commun d'une gare en pleine nuit qui s'élèvera à l'aube, quelques heures seulement...
Prompts, les voyageurs avaient rapidement quitté les wagons et s'éloignaient sur le quai, disparaissant dans le nuage de fumée. Il était évidemment le dernier à descendre, loin des autres, farouche et effrayant à la fois. C'est sûrement pour cette raison que les '' autres '' avaient filé sans prendre la peine de l'approcher pour lui indiquer que le train venait d'arriver en gare et qu'il aurait été mieux de s'éveiller. Seulement, 'eux' le craignaient tout en étant curieusement subjugés par sa présence. Ils avaient tenté d'entrer en contact avec lui mais d'un regard pénétrant il les avait fait battre en retraite. Ce n'est que lorsque ses fines paupières d'ivoire, striées par de très légères veines carmin se fermèrent que quelques regards échappés se risquèrent à effleurer sucsintement le visage de cet étrange être. Eveillé, son regard éclatant, misanthrope, de feu vous glaçait sur place tout en déclenchant une sorte de narcose à vos dépens. Ainsi endormit, ses fines lèvres pourpre figées en un mince sourire triste lui donnaient un air d'ange, ses mèches souples, cuivre retombant avec grâce sur son front laiteux. Sa respiration était régulière tandis que le paysage défilait à vive allurre derrière ses paupières closes. De ses mains, il n'était possible d'apercevoir que le bout de ses doigts de statue, légèrement repliés, resserrant de temps à autre son manteau noir dans lequel il était emmitoufflé. Quel mystère que ce garçon-là , un mélange de douleur, de beautée fascinante, protection et aversion, antagonisme. C'est ainsi que les heures défilèrent dans ce compartiment où dormait un ange au teint lactescent et un voyageur, pressé contre la porte à son opposé, qui le regardait curieusement, à la dérobée.
Lorsque les cheminots sifflèrent une seconde fois afin d'indiquer au train qu'il pouvait entreprendre sa manoeuvre pour rejoindre la gare de dépôt, Dallveig se réveilla en sursaut. Ce violent bruit de sifflet lui glaça les os et couvrit son frond de fines perles de sueur. Il haletait, non pas parce-que le train s'échappait à nouveau, mais parce-que ce bruit l'avait pétrifié. Il se cramponna un instant contre la vitre entrouverte, reprenant son souffle et humant l'odeur de la vapeur dégagée par la locomotive lorsqu'il sentit le train s'ébranler. Il secoua la tête, reprenant ses esprits et se retrouva l'instant d'après dans le couloir avant de faire un dernier bond sur le marchepied du wagon. Il se cramponna à la barre transversale, regardant le quai défilait sous ses pieds à une vitesse qui peu à peu, s'accélérait. Il roula des yeux, à la fois surpris et hardi. Son manteau noir claquait au vent bien que la vitesse soit encore faible et son écharpe noire volait devant ses yeux flavescents. Il entrouvit la bouche et une bouffée d'air glacial s'engouffra en lui, il ne pût réprimer un frisson tandis que les lampadaires défilaient, il grogna légèrement avant de bondir. Un instant de vol, où il réprima un sourire qui lui brûlait les lèvres, avant de recevoir le choc brutal avec le sol. Il saisit le premier lampadaire afin de ne pas s'écrouler et repris sa respiration, haletant, regardant le train s'éloigner, tandis que la vapeur échappée des rails l'envelloppait tout entier. Ses mains se détachèrent progressivement du lampadaire de fonte et vinrent effleurer son visage brûlant. Il retira son manteau, découvrant une chemise blanche aux manches trois-quarts, un grand col remonté puisque son échappe noire encerclait sa gorge. Deux fines bretelles noires passant sur sa chemise blanche étaient épinglées à son pantalon. Ce n'est qu'à cet instant qu'il se rendit compte qu'il pleuvait à travers le vieux toit de verre de la Gare de Lyon. Perforré de nombreuses fissures et trous dans la tôle comme dans le verre, il filtrait assez mal la pluie. Des fines gouttes d'eau dégoulinaient sur son visage jusque dans sa nuque et sa gorge. Il ferma les yeux, respirant profondément, avant de se laisser glisser au sol, le bas de son visage enfouit dans son écharpe noire, son manteau replié qui envelloppait "son poignet". La pluie se fit plus amère, tirant sur le déluge parisien jouant avec l'air glacial de cette nuit. Mais Il ne bougea pas, promenant un regard hostile sur la gare presque déserte. Ses yeux se refermèrent tandis que sa chemise, humide collait à sa peau et ses cheveux s'assombrissaient avec l'eau qui les faisait dégouliner sur son front opalin. _________________
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|  | | ( Kyra Feithon.

   Age : 15 Inscrit le : 25 Mai 2008 Messages : 252 » Where are you ?! : Quelque part. Devine. » Connections : Le Plus Souvent Possible. =D » Humeur : x'D / Dur à décrire. Fiche perso' » Prénom: Kyra. » Age: 18 Printemps. » Nationalité: Italienne / Française.
 | Sujet: Re: {* La vie est ainsi faite ... Ven 3 Oct - 19:21 | |
| La danse funèbre d'un morceau de tissu est un phénomène étonnament intriguant. Inscinifiant, pour ces milliers de gens qui passaient, courant toute la journée, n'arrivant pas à sauter du train à grande vitesse de leur vie. Des gens austères, solitaires et si hautains. Pourtant, aucun d'eux ne pourraient se vanter d'avoir observer la macabre et virevoletante parade de ce tissu. Un voile jadis immaculé, que des jours passés dans la crasse de la si grandiose ville lumière avaient rendu terne, si insignifiant au regard de ces faites mondaines et irréalistes qu'organisaient la haute société... Une silhouette aux allures de fantômes, à la légereté d'un souffle, s'élevant au rythme chaotique du vent et des passages. Un petit bout de vie, si vite oublié, et pourtant si agile, à s'élever dans l'air glacé pour mieux retomber sous la fine pression de milliers de gouttes de pluie... Et pourtant, agenouillée dans l'ombre imposante d'un mur délabré, une pâle jeune femme défrayait la maigre idée de ce que ces gens avaient de l'apparence. Un genou à terre, elle semblait hors du temps, son regard vert suivant d'un oeil appréciateur les courbes de la danse qui la fascinait. Sa main, gantée de mitaine à l'allure délabrée, était occupée par un appareil numérique, dont elle utilisait pourtant le viseur ... Un instant, capté à la pâle lueur de la Lune, et puis son sourire. Un sourire amusé, étrange et venu d'un autre temps. Un sourire heureux de l'instant présent, chose rare chez un peuple de plus en plus pressé de vivre. Ce n'était pourtant pas compliqué. On vivait. On mourrait. Alors pourquoi ne penser qu'à ce qu'on fera plus tard ..? Autant profiter de tout, et tout de suite... Telle était la philosophie de cette jeune femme autour de laquelle un espace s'était formé. Pas à cause de ces photographies, simplement à cause de ce petit sourire. Se relevant d'un geste souple et étonnament délié pour quelqu'un étant resté dans cette position si longtemps, la femme s'éloigna d'un pas rapide. Derrière elle voletait sa veste, noire et longue, qui camouflait le haut de ses cuisses, et frôlait son menton de son col relevé. Cela, ajouté à ses converses noires et son jean's sombre, ainsi qu'aux mitaines, lui donnait un air assez clocharde, mais sans l'être vraiment. Après tout, c'était un drôle d'alliage ...
Mais peu à peu, alors que la jeune photographe poursuivait son chemin, les gens se firent de plus en plus rares, rentrant chez eux pour se réchauffer, pour retrouver une famille et des amis. Arrivant devant le batîment massif de la gare, la Donzelle jeta un coup d'oeil à sa montre. Elle arrivait pile à l'heure. Dans quelques minutes, le train de nuit allait arriver, avec ses allures d'ancien convois, sa couleur rouge tranchant agréablement avec le gris ternes des autres machines, plus rapide mais sans histoire ... Car c'était bien l'histoire de cette machine que la femme voulait raconter à travers ses photographies. Un passé, un présent et un avenir. Mais bien sûr, encore et toujours cet instant présent. D'ailleurs, bon nombre de gens se demandait comme cette brune aux yeux verts pouvait proclamer adopter la philosophie de l'instant présent, si elle s'entetait à capter des photos et à écrire des textes ... Et malgré elle, elle les comprenait, ces gens. Parce qu'ils avaient raisons. Parce qu'on ne peut pas se dire tout à la fois. A moins d'être changeant, très changeant. Et de la variété, elle en avait à revendre. Car si pour l'instant, elle se montrait silencieuse et décalée, il lui arrivait aussi d'avoir envie de voir du monde et de bouger, de danser sur de la musique modernes, et de devenir aussi futiles qu'une bourgeoise ... C'était son avantage à elle. Ne pas avoir d'amis, ne plus avoir de famille, et avoir ainsi la possibilité de changer aux rythme de ses envies et de ses choix, un rythme aussi chaotique que celui qu'adoptait le bout de tissu dansant au vent. S'enfoncant d'un pas assuré vers la partie la plus ancienne de la gare, la jeune femme n'accéléra pas le pas en entendant le bruit si caractéristique de la vieille locomotive. Après tout, elle voulait la photographier, oui, mais après. Lorsque l'engin mythique s'enfoncerait dans l'obscurité sous le reflet capricieux de la lune. Une envie bien particulière, qui caractérisait le caractère buté et compliqué de cette artiste en herbe. Avancant jusqu'environ les trois-quarts du quai, la brune fit simple, et s'accroupi. Ses cheveux, trempé depuis bien longtemps par la pluie, collaient à ses joues blanches, l'encadrant avec vivacité et souplesse. Oui, mis à part cette air pâle et ce sourire mystérieux, elle semblait en merveilleuse santé, heureuse et vivante. Ce qui était vrai, après tout ...
Quand enfin, le train se remit en marche, elle sourit. Les dernières personnes à être sorties la regardaient bizarrement, mais ce n'était rien comparément aux regards affolés qu'ils jetaient derrière eux, comme s'ils fuyaient un démon de jadis. La locomotive s'éloignait, et la jeune femme la photographiait, son sourire de nouveaux accrochés aux lèvres. Puis quelque chose l'intrigua. Un homme, accroché au train, qui fint par sauté en marche. Après vérification, elle su qu'il était sur ses photos. Bon, tampis, il y en avait d'autre de bien, elle n'aurait qu'à jeter celles-là. Sans se démonter, elle continua de photographier le bord du quai, avant de dévier sur la droite, et de le voir. L'homme. Il était là, pâle statue d'ivoire à la beauté trop parfaite. Une jeune femme passa devant lui, l'évitant patiement du regard, avant de lui jeter un coup d'oeil inquiet. Alors comme ça, c'était lui, le démon de jadis... C'était lui. Si ce n'était un démon, il semblait effectivement tout droit venu d'autrefois. Ses vetêments, peu portés par ici, en témoignaient. Malgré tout, la brune faillit le prendre en photo, avant de se raviser. Après tout, elle n'avait pas son autorisation, et n'en voulait pas. La perfection faite homme n'existait pas, et si cet homme était à couper le souffle, c'était qu'il avait autre chose. Rien que cette attraction, d'ailleur, si intimidante et attirante, si délicieuse et dangereuse ... Mais la jeune femme ne broncha pas. Accroupie, à quelque mettre de l'autre, elle l'observait. A côté de lui, sa propre paleur n'était rien, et elle s'en doutait. A vrai dire, n'importe qui à côté d elui ne ressemblait qu'à une pâle copie... La main qui tenait son appareil s'était abaissée, et l'autre était posée sur le sol, ses longs doigts pâles frémissant sur le dallage aussi glacé que l'air ambiant ... Le vent jouait avec sa veste, ouverte, autant qu'avec les cheveux de l'homme. Elle faillit baisser les yeux, mais se ravisa aussi. Elle ne voulait pas, et n'aurait pas peur. Même si elle savait que le regard de celui qui l'intriguait finirait bien par s'ouvrir, Kyra continuait de l'observer, détaillant doucement ses traits, et attendant de pouvoir croiser son regard. Elle n'avait pas peur, n'aurait pas peur, et ne baisserait pas les yeux pour une soit disante beauté d'ange ...
[ Mon dieu, je n'ai jamais écrit tant... C'est magnifique, tu m'inspire. En esperant que ma prochaine réponse soit pareille. ] _________________
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|  | | Dallveig E. Johansen Admin

   Age : 16 Inscrit le : 16 Nov 2007 Messages : 1013 » Where are you ?! : Paris. » Connections : Tous les jours. ! » Humeur : Effrontée. Fiche perso' » Prénom: Dallveig Elweard » Age: Vingt ans. » Nationalité: Scandinave..Français.. ?
 | Sujet: Re: {* La vie est ainsi faite ... Dim 5 Oct - 14:30 | |
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|  | | ( Kyra Feithon.

   Age : 15 Inscrit le : 25 Mai 2008 Messages : 252 » Where are you ?! : Quelque part. Devine. » Connections : Le Plus Souvent Possible. =D » Humeur : x'D / Dur à décrire. Fiche perso' » Prénom: Kyra. » Age: 18 Printemps. » Nationalité: Italienne / Française.
 | Sujet: Re: {* La vie est ainsi faite ... Dim 5 Oct - 16:16 | |
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Le vent était toujours aussi violent. Brusque bourrasque et acalmie paisible se succédaient, créant un esprit de changement perpetuel et étonnant. Ce vent glacial qui faisait virevolter les cheveux de la brune, eux mêmes détrempés par la pluie. Cette pluie qui inondait la gare, noyant sous un flot continu les quelques dernières choses restées seches par on ne sait quel miracle ... Levant doucement le genou, la photographe quitta un instant l'homme des yeux, pour observer sa montre. Le train aux allures anciennes n'était pas le seul à venir déverser son flot de personnes en tout genre. Ils étaient deux. L'un rouge, le premier, et le suivant, son jumeau, d'une magnifique couleur bleue électrique. Et malgré le fait qu'elle regrettait que les deux locomotives ne soient jamais arrêtées ensembles, elle comptait bien photographier la deuxième également. Reportant son regar sur l'étranger, elle remarqua qu'il avait disparut... Bah, après tout, il faisait ce qu'il voulait hein. Et elle ne voulait pas jouer à cache-cache. Pourtant, brusquement, il se retrouva face à elle, incroyablement félin, et incroyablement beau. Mais ce n'était pas ça qui interressait Kyra. Des hommes beau, il en existait plein, et elle avait l'enbarra du choix. Ce qui l'intriguait vraiment, c'était l'intensité du regard qu'il lui lançait. Tantôt glacial et distant, tantôt furieux et en colère, et parfois triste et profond ... Comme si au fur et à mesure du fil de ses pensées, son opinion sur Kyra variait, lui accordant par moment l'indifférence, puis la haine, puis la confiance. C'était assez bizarre, mais incompréhensible sur le moment. Alors elle abandonna ses tentatives de compréhension. Puis il parla, et la Donzelle soupira. Il avait une voix envoûtante, à laquelle il semblait impossible de résister. Mais elle le fit, elle résista. De quel droit pouvait il la commander ? L'ignorant, elle regarda à nouveau sa montre. L'autre train allait arriver. Et là, tout se compliqua...
L'étranger lui aggripa le poignet, avec un regard féroce. Se redressant d'un bond souple, la jeune femme le fusilla du regard. S'il voulait la haïr, alors elle n'allait pas se géner. Tirant brusquement sur son bras, elle se libéra. Son regard vert était froid, mais contenait aussi une lueur de fierté et de provocation. S'il se voulait commandant avec elle, c'était mort. Elle était bien trop fière, orgueuilleuse et moqueuse pour lui obéir. Elle serait peut être la première, peut être la dernière, mais au moins, elle serait là. Elle serait là pour faire basculer la pseudo-confiance en lui qu'il affichait avec tellement de dédain... Kyra l'observa. Il la dominait d'une bonne tête, mais elle ne se sentait en rien diminuée. Et ils en étaient là, à se regarder froidement, lorsque le sifflement strident du deuxième train de nuit résonna dans l'air. Se retournant, la brune s'agenouilla à nouveau, après s'être écartée de quelques pas. Elle prit en photo l'arrivée du train, avant de ranger l'appareil dans sa poche, et de se retourner vers l'étranger. Il n'avait pas bouger, et elle ne bougeais plus. Les premières personnes arrivant par le deuxième train s'approchèrent, puis, devant la beauté trop parfaite de l'homme, et devant la froideur de leurs regards, préferèrent s'écarter, créant un large cercle de vide autour d'eux. Les gens les fixaient avec étonnement, le jeune homme au physique implacable, et la jeune femme à la banalité accablante. Et la façon dont ils se regardaient, indifférent au reste du monde, seulement interressé par une haine peu commune. C'était troublant. Kyra frissona. L'endroit ou la pâle main l'avait aggripée au poignet était rougie, seule témoin de la force qu'il possedait, et de la violence avec laquelle la jeune femme s'était dégagée. Puis, un léger sourire apparut sur ses lèvres bleuïe, et son regard s'alluma. La situation était loin d'être drôle, mais elle souriait, avec ce petit air mystérieux qu'elle aimait arborer. Elle en était sûre, maintenant. Sûr que cet inconnu ne se donnait pas un genre, qu'il était vraiment comme ça. Qu'il haïssait vraiment tout ce qu'il voyait. Et, par logique, qu'il la haïssait. D'ailleurs, la brune se doutait qu'il allait réagir à son sourire, ou du moins continuer ses regards incendiaire. Alors son regard à elle resta froid et distant...
La pluie continuait ses ravages, commençant doucement à couler dans la nuque pourtant protégée de la Donzelle. Frissonant doucement, elle avanca de quelques pas, effrontée et provocatrice. Elle se doutait qu'il n'aimerait pas ça, mais peut être était-il temps pour lui de rencontrer quelqu'un sur qui il ne pourrait pas faire valoir son pouvoir. Car elle n'était impressionée ni par sa petite gueule d'ange, ni par ses regards, ni par son attitude en tout point féline. Le sourire moqueur qu'elle arborait s'effaca doucement, tandis qu'elle penchait doucement la tête sur le côté. Elle devait avouer qu'il était magnifique, debout et immobile, tel une statue d'ivoire. Et puis, ce n'était pas normal. Contrairement à la plupart des gens, elle ne ressentait pas la même attirance peureuse qu'il inspirait automatiquement. Non. C'était juste son regard qui l'intriguait. Ce regard si changeant. D'une couleur de bronze, il variait d'un instant à l'autre, aussi surprenant que ce vent qui faisait claquer leurs vestes. Et peu à peu, les quais de la célèbre gare de la ville lumière se vidèrent de toute trace humaine, n'abandonnant là que deux étrangers, solitaires et insensibles. Une nouvelle fois, l'athmosphère changea, redevenant celle d'avant l'arrivée du train, plus intense, plus violente ...
[C'est nul, désolée. ]
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« Kyra Feithon.
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|  | | Dallveig E. Johansen Admin

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 | Sujet: Re: {* La vie est ainsi faite ... Mar 7 Oct - 18:32 | |
| Sa blafarde main de pierre emprisonna le poignet de l'étrangère avec autorité. Aucun choix ne lui était laissé et ses yeux argentés qui la fixaient gravement avec amertume ne contredisaient pas ses paroles. Souverain, il la redressa, sans lui infliger nulle blessure : là n'était point son but, il n'y avait d'ailleurs aucune violence dans ses gestes, seulement une profonde aversion. La peau tiède de l'inconnue au contact de sa peau et ses fines veines lui déclenchèrent des frissons d'antipathie. Fallait-il qu'il aie traversé des épreuves qui vous écrasaient au sol, dans la boue et dont on ne se relevait jamais totalement pour tendre la main à quelqu'un et refuser tout sentiment de dominance, simplement le considérer. Mais non, on ne s'en relevait jamais tout à fait, un genou restait toujours à terre et c'est pour cela qu'il ne lui ferait point le luxe de lui offrir une attention particulière excédant ce regard violent et contradictoire qu'ils échangèrent et cette main blême qui avait saisit son poignet pour la relever, ne supportant pas d'attendre plus longtemps qu'elle saisisse sa main. Non, cela avait déjà été trop d'attention accordée et il n'était nullement interessé par la poursuite d'un regard haineux ou se 'battre' contre elle, 'jouer' à ce jeu futil et insignifiant. Aussi, il s'apprêtat à relâcher son poignet en déliant ses doigts raidis et s'empresser de camoufler sa main dans sa poche, bien trop satisfait de relâcher ce poignet qu'il n'aurait jamais dû saisir et qu'il avait peut-être fait avec affront..enfin, toujours est-il que la femme le retira vivement, se blessant également. Il laissa platement retomber sa main, fixant avec désinvolture son poignet rougi. Peu importe, c'était le cadet de ses soucis : qu'elle se blesse si elle le souhaite , il n'avait jamais cherché à la garder prisonnière -et d'ailleurs, qu'aurait-il fait d'une prisonnière comme cela ?
Avec beauté et élégance, il redressa la tête en fixant l'horizon, là où la pluie, dans un nuage bruineux, tombait sur les rails argentés. Là où les rails, tous côte à côte menaient des milliers de personnes dans des directions si différentes, où les amenaient à la capitale. Combiens d'histoires, de souvenirs, d'expériences emportaient-ils avec eux ? Combien de paroles de joie, d'affliction, combien regards avaient été et étaient échangés sur ce quai ? Dans cette gare ? Combien de promesses, combien d'ultimes échanges, les derniers ? Ces instants si futiles dans ce lieu de passage étaient pourtant si fragiles, si précieux dans une vie... Mais l'Homme considérait qu'il n'avait pas à s'attarder sur des choses comme celles-là, à vrai dire, il ne voyait pas l'essentiel, l'importance d'un regard, un contact aussi glacial soit-il, ces infimmes moments, un silence..Non, il ne les voyait pas. Il cherchait quelque chose d'autre, sa recherche perpetuelle du..superflu. C'était absurde ! Comment ne pas être dégoûté des Humains après ? Comment ne pas fuir cette espèce, ce genre auquel ont appartenait pourtant et que l'ont reniait ? Comment ??
Bientôt ses yeux ayant repris une teinte mordorée et émeraude furent illuminés par un faisceau de lumière qui vint l'éblouir. Un puissant jet de vapeur fût projeté sur le quai en même temps que la belle locomotive identique à la précedente rouge des années 60 fasse son entrée en gare suivie de six wagons bleu nuit. Le second train de nuit venait d'arriver en gare, Elweard ne l'attendait pas. Il recula, méfiant, d'un pas, tout en gardant des yeux émerveillés pour la locomotive, sa bouche s'entrouvrit légèrement, tandis que ses mèches gelées s'aggripaient à son front. Mais hélas vînt le moment qui aurait été à éviter. Les train grogna tandis qu'à la droite de Dallveig de nombreux "clic" synonymes d'appareil photos se succédaient à une vitesse affolante : l'étrangère prenait bon nombre de clichés, si rapides qu'on eût crût qu'elle craignait que la locomotive ne s'échappe et qu'il lui fallait capter chaque précieuse seconde pour en faire une multitude d'images. Il lui lança un regard furieux mais bien plus abject encore aux passagers qui commençaient de s'échapper des wagons, épaisses valises en main dans la nuit glaciale et galopaient sur les quais...dans sa direction. S'il eût été félin, il aurait volontiers plaqué les oreilles; il se contenta de se retracter et de ses yeux d'encre leur envoyer un signal violent leur indiquant de ne pas tenter un seul pas dans sa direction. Ses oreilles sifflaient et sa respiration devenait haletante tandis que les voyageurs semblaient le cerner et foncer droit sur lui, sur eux. Heureusement, 'il' était si pugnace que les gens s'écartaient d'eux , observant un cercle de sécurité. Mais Dallveig ne supprotait pas la foule à nouveau présente et secoua la tête, pressé d'en finir tandis que sa main se crispait au fond de sa poche. Il en oubliât la jeune femme à côté de lui, bien qu'elle n'était pas omniprésente dans son esprit auparavant. Les voyageurs finirent par fuir à une vitesse inquiétante et le quai redevînt désert, seule la locomotive, à une vingtaines de mètres de là, attendait sur les rails, soufflant toute sa fatigue d'un long voyage. Ses iris flamboyantes fixèrent un moment la locomotive, il sembla s'ébrouer et fit un bond en avant avant de lancer un long regard enigmatique et ténébreux à la jeune femme, puis il disparût à uen vitesse étonnante, bondissant. Déjà, elle n'était plus dans son esprit. Il courait avec souplesse et élégance sur le quai. L'air lui fouettait le visage mais il courrait en direction de la locomotive, inspirant cet air gelé qui lui brûlait les poumons. Il courait sans savoir où il allait. Agile, mouvements fluides et déliés, il passait où il souhaitait sans qu'aucun obstacle ne le dérange, les contournant sans difficultés.
Il freina brusquement devant un étalage de sucreries. Le vendeur allait fermer boutique , il était après tout très tard, et lui faisait dos. Le jeune homme lui lança un regard sombre et suspicieux. Ses côtes le déchirait, hurlant sa faim. Devant lui s'étallaient nougats, caramels, pommes d'amours... N'ayant pas de quoi payer - il n'avait d'ailleurs pas l'habitude de le faire - il prit une plaque de caramel brun et croqua à pleines dents dedans avant de s'éloigner, sans se presser, d'un pas nonchalant. Le caramel lui collait aux doigts mais peu importe, il se régalait de peu de choses. Effronté, il se dirigea vers la locomotive et s'assit sur le marchepied tout en dégustant sa sucrerie, insolent et ravageur.
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|  | | ( Kyra Feithon.

   Age : 15 Inscrit le : 25 Mai 2008 Messages : 252 » Where are you ?! : Quelque part. Devine. » Connections : Le Plus Souvent Possible. =D » Humeur : x'D / Dur à décrire. Fiche perso' » Prénom: Kyra. » Age: 18 Printemps. » Nationalité: Italienne / Française.
 | Sujet: Re: {* La vie est ainsi faite ... Lun 13 Oct - 18:45 | |
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Kyra partait. L'étranger à l'apparence trop parfaite s'était éclipsé, et elle ne voulait pas le chercher. Ses clichés, quant à eux, étaient tous finis, et la jeune femme ne les trierait qu'une fois qu'ils seraient tous sur son pc portable. C'était plus facile. Et puis, trier les photographies directement sur son appareil numérique n'aurait aboutit qu'à vider la batterie prématurément. Ce qui était, selon la pure et simple logique, débile. Après avoir rangé son appareil dans une des grandes poches de sa veste, la Donzelle s'était retournée, et s'était dirigée d'un pas assez vif vers le côté de la Gare. Amoureuse pour toujours des petites ruelles, même les plus sordides, Kyra savait par où passer. Tournant derrière une vieille boutique qui encombrait les vitrines des magasins high-tech' du batîment, la Brune s'enfonca dans les coins déserts ... Immédiatement, un petit sourire triste se dessina sur ses lèvres. Exhalant un léger souffle d'amertume, la Donzelle songea à son passé. Ses courses folles dans les bas quartiers d'Italie. Les réunions nocturnes et irrégulières de ses amis. De sa bande. C'est de là, que venait son amour pour les coins déserts. Parce que c'est toujours dans ces endroits glauque et d'apparence inétéressante que se retrouvaient les gens de mauvaise fréquentation. Ce qu'avait été Kyra, auparavent. Une petite voleuse qui ne se rendait pas compte de sa bêtise. Et qui, si c'était à refaire, ne changerait absolument rien à son histoire. Une histoire pareille, malgré le fait quelle soit peu glorifiante, ça ne se ratait pas. Les frissons d'adrénaline, l'ambiance familiale entre les différents membres du groupe ... Non. Sans hésiter, la jeune femme ferait le même parcours. Parce qu'un parcours sans erreur n'est pas un véritable parcours. Enfin. Ce n'était qu'un maigre avis, et encore, un avis buté et assez spécial sur la question. Sa jeunessse, Kyra savait que beaucoup la jugerait très, mais vraiment très mal. Mais ce n'était pas ça qui changerait la Donzelle, ni n'abimerait sa fierté, futile et puérile soit-elle ...
Dans la ruelle qui longeait la Gare, la luminosité blafârde de la lune ne suffisait pas. Pourtant, aucun éclairage public ne venait combler ce manque flagrant. Le vent ne s'y faisait pas sentir, mais le froid et la pluie étaient toujours présent, faisant frissoner la Brune. Solitaire, celle-ci avancait mécaniquement, tel un pantin dont on a remonté la clé. Perdue dans ses pensées, elle murmurait de manière inaudible une chanson, qu'elle appréciait. Un titre peu connu, mais pour agréable à écouter. En anglais, bien sûr ... Et c'est à ce moment précis qu'elle entendit les miaulements. Se retournant, elle chercha rapidement l'origine du bruit, ne la découvrant que grace à un deuxième miaulement, faiblard et essouflé. S'avancant doucement, Kyra avisa un monticule de brol en tout genre. Des caisses, des planches, des morceaux de bois. Et en haut, une petite voix animal qui tentait de se faire entendre. Et qui finalement, avait réussi. Se tournant doucement, la brune observa attentivement les tas d'encombrants. C'était faisable, et elle se savait incapable de partir comme ça, sans jeter un coup d'oeil... Alors elle sourit, et enleva sa veste. En effet, le vêtement, assez long, finirait bien par la gener dans ses mouvements, ce qu'elle ne voulait pas. Frissonante, elle sourit. Encore une fois, ses idées folles prenaient le dessus. Ses doigts fins s'accrochèrent à la première planche, tandis qu'elle bandait ses muscles. La lueur pâle de la Lune se refletait sur sa peau, la rendant si possible encore plus pâle, bien qu'elle ne fut pas réellement blanche. Un peu plus pâle que la moyenne parisienne, mais pas dans le genre albinos non plus. Les ombres bougeaient sur son corps, créant un relief inattendu sur un corps humain, et lui donnant une apparence bizarre, de nouveau. Comme toujours. Décalée, mais juste assez normale que pour que personne ne fasse trop attention à elle. Juste assez pour se glisser quand il le fallait dans le moule trop conventionnel de la société actuelle.
Invariablement, elle grimpa, ses converses trempées dérapant souvent sur le bois mouillés, bien qu'elle ne tomba pas. La pluie, toujours bien présente, lui dégoulinait dans le dos, achevant définitivement de la mouiller. Sa blouse, rouge sang, devint rouge foncée, sa couleur se noyant dans l'austérité sombre de la tenue de la jeune femme. Jurant faiblement, elle se rattrappa de justesse à un bout de bois, qui lui grissa tout l'intérieure du bras gauche, sans pourtant verser de sang. Serrant les dents, Kyra continua de monter. Ce n'étiat pas si haut que ça, disons trois ou quatres mètres, mais l'assencion en terrain bien mouillé n'était pas le fort de la Donzelle. Une fois arrivée au dessus, elle pris appui sur une vieille caisse, et put passer le poitrail par dessus les plus hates planches. Juste assez pour apercevoir l'origine poilue des miaulements. Ils étaient deux. Petits, trempés et apparement frigorifiés, les chatons miaulaient sans discontinuer, malgré le fait que seul un maigre filet de voix sorte de leurs gorges. Ouvrant la bouche de stupeur, Kyra resta muette. Allongée dans la caisse, et raidie par une mort bien visible, la chatte qui leur avait donné la vie était accompagnée de trois autres chatons, tous décédés, également. Seuls avaient survécu les deux derniers, et encore, ils ne vivraient pas longtemps dans ces conditions... Tendant la main, elle attrappa un des chatons, qui se débatit trop faiblement pour un jeune de son âge. Avec douceur, la brune le maintint contre sa poitrine d'une main, avant de prendre le second et de les caler tout les deux contres elle, ne s'assurant plus qu'à l'aide d'une main. Et c'est là que la caisse craqua. Avec un craquement, elle se rompit, entrainant le jeune femme dans une chute inévitable. Kyra ne cria pas. Ne se débatit pas. Elle se contenta de resserer la prise sur les chatons, pour ne pas qu'ils se blessent. Puis, elle se prépara au choc ...
Qui fut finalement moins brusque que ce qu'elle ne pensait. Avec un grognement de douleur, elle atterit sur le dos. Une fois à terre, elle resta la sans bouger. Sa tête lui faisait mal, et sa hanche gauche aussi. Une fois que la douleur à l'interieure de sôn crâne se fut calmé, elle se redressa. Les chatons ne bougeaient plus, hormis leurs tremblements désordonnés. En position assise, elle attrapa sa veste, et l'enfila d'une main. Enfin, glissa les chatons à l'intérieur, essayant de leurs inssuflé un peu de chaleur. Puis un bruit se fit entendre derrière elle. Un souffle, presque inaudible. Et ce souffle ne pouvait signifier la présence que d'une seule personne. La personne que Kyra ne voulait plus voir. Se relevant et se retournant d'un seul et même souple mouvement, elle ressera l'étreinte qui tenait les chatons, sans pourtant leur faire de mal. Son regard glacé se fis méfiant, tandis qu'il se posait sur l'étranger à la gueule d'ange ... S'appuyant sur sa jambe la moins douloureuse, Kyra resta muette un instant, avant de lancer d'une voix calme mais froide ; « Parles ou passe ton chemin, mais arrête de me fusiller du regard. Tu ne me fais pas peur, et je n'ai que faire de ta haine. Alors va fixer quelqu'un qui réagira mieux ...
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« Kyra Feithon.
Aller viens, j't'emmène au vent, J't'emmène au dessus des gens ... |
|  | | Dallveig E. Johansen Admin

   Age : 16 Inscrit le : 16 Nov 2007 Messages : 1013 » Where are you ?! : Paris. » Connections : Tous les jours. ! » Humeur : Effrontée. Fiche perso' » Prénom: Dallveig Elweard » Age: Vingt ans. » Nationalité: Scandinave..Français.. ?
 | Sujet: Re: {* La vie est ainsi faite ... Mer 15 Oct - 18:56 | |
| « Hé là ! Qu'est-ce que vous faites-ici, vous ?»
Un coup de fouet qui claque. Brutal. Le silence de glace rompu. Les prunelles noires de l'ange évassif s'enflammèrent en un instant, brillantes de l'insolence si caractéristique d'Elweard. Sur pieds en un instant, il sauta agilement sur la marche supérieure de la vieille D16. Dominant son adversaire avec son irrévérence coutumière, il fit craquer sous la dent le dernier morceau de caramel à l'arôme acre, brûlé. Le cheminot le dévisageait, interdit, hésitant entre fureur et dérobade, tanguant d'un pied sur l'autre, pour l'instant incapable d'articuler le moindre mot. Le jeune homme considérait l'homme d'un air altier, ses yeux ayant mué en un liquide brûlant penchant entre l'émeraude et l'argent. Habilement, il bondit avec grâce sur le dessus de la locomotive et esquissa quelques pas, sans quitter des yeux l'étranger. Ses lèvres rouge sang s'entrouvrirent légèrement lorsqu'il murmura, sarcastique bien que sincère avec la facilité qu'il avait de manier les mots : - Vaste question à laquelle il m'est impossible de répondre. Par contre, vous, je ne vois pas votre utilité ici, ni même à quoi vous servez ici bas .. Sur ce, l'ange à la beauté parfaite et aux paroles impertinentes sauta souplement sur le quai, de même qu'il avait sauté du train tout à l'heure. Il s'éloigna d'un pas nonchalant tout en gardant cette extrême grâce. Le cheminot ébranlé n'eût même pas le plaisir de répliquer que le jeune homme avait déjà disparu dans la pénombre. Le ciel enrageait toujours à l'extérieur, déversant sa furie, son déluge. Peu importait pour l'être qui, par sa peau blafarde, scintillant à la pâleur de la lune, était, dans la nuit obscure, une apparition divine. Quel être contradictoire que celui-ci ! "Beauté parfaite, sombre comme le fer, est de celles que forge et polit l'Enfer." Un ange qui avait connu l'enfer, si mystérieux, dangereusement envoûtant, insolent, méprisant, odieux. Oh Dieu ! Il était impossible de qualifier un être si complexe par des mots, des simples adjectifs... Mais il y avait son regard : un gouffre profond, infini et reflet de son âme, de ses émotions, de sa vie, de sa personne tout simplement. Félin refusant d'être apprivoisé ni même approché; ne jamais plus offrir un regard de confiance, mépriser s'il le fallait, l'Humanité le dégoûtait. Et pourtant. Et pourtant.
La lumière blafarde irradiait sa peau brûlante, frémissante sous la pluie de glace. La rue, évidemment, était déserte et inondée, ruisselant par ses pores l'eau venue du ciel. D'un pas régulier, mesuré, le jeune homme évitait prestement les flaques d'eau, non par crainte de sentir le tissu trempé de son pantalon glacer sa peau -non, car la pluie avait tôt fait d'infiltrer ses vêtements qui lui collaient au corps, le frigorifiant totalement-,non, le fait d'éviter les flaques d'eau ressemblait fort à un pas de danse, presque félin qui ajoutait à la curiosité du personnage. Pourtant, l'envie de rôder dans les ruelles sombres à la recherche d'une proie, d'un détail qui capterait son attention où guetter le moment tant attendu du cri venu du ciel et "l'étoile filante" qui s'en suivait. Pour cela, il était béat, en proie à toutes sortes de rêves fondés sur tous ses souvenirs... «Les nuages cotonneux font place à la pâleur du crépuscule et l'encre noire inonde le ciel nocturne. Rien. Le Néant. Les étoiles pour seule compagnie et le ronronement du moteur pour seule musique. Les frissons. les frissons. L'euphorie. Les cris. Seul. Instant magique où se perdent les âmes. ». C'est ainsi que dans les pâles nuits de solitudes, l'ange déchût rêvait de son paradis et de ses délices. Non sans douleur. Non sans cette attroce douleur qui frappait sa poitrinne. Il se rapprochait d'eux en rêvant ainsi, il se rapprochait des instants passés et à venir... Etrange illusion.
Ainsi il naviguait dans les chemins tortueux de l'âme et le pays mystérieux des larmes et du rêve. Etre splendide et ténébreux. Peu importait le temps présent, il était déjà loin ! S'enfoncant dans les ruelles attenantes au boulevard, il se souciait peu de la direction à prendre, errant çà et là. Mais il savait pertinement que la gare était proche, il y était attenu et sentait sans cesse les effluves de vapeur des vieilles locomotives qui refoulaient l'odeur de pluie sur le goudron détrempé. A cette heure-ci, il était évident que la ciculation n'était pas très dense, les passants peu nombreux - ne cherchez pas à savoir pourquoi Dallveig avait une affection toute particulière pour ces instants-là.. ! - aussi, le silence dominait. Mais Paris ne dormait jamais tout à fait. Le jeune homme en eût la preuve directe lorsqu'il entendit un vacarme de planches s'écroulant au sol et autres bêtises du genre. Ce qui fit tout de même un sacré raffût. Bref certes, mais dérangeant. Il esquissa un pas de côté et de son regard lupin, d'or et de glace, regarda l'étrange forme rouge au sol et quelques couïnements. Bientôt, ces couïnements se mirent sur patte : deux boules de poils sans forme identifiée s'écartèrent de la forme rouge. Forme rouge qui ne tardât pas à bouger et même si son visage était dans la pénombre, on en voyait que des cheveux noirs ruisselants et une voix froide l'apostropher. Le plus fantastique dans cette affaire est qu'il n'avait pipé mot et que les reproches avaient fusés, vifs et piteux. Oui, c'était le mot : piteux, affligeants. Ainsi elle lui ordonnait de parler ou passer son chemin, cette inconnue ..? Plissant légèrement les yeux, il finit enfin par l'identifier. Les traits de son visage restaient inconnus au jeune homme qui n'avait eût que faire de les graver dans sa mémoire, mais il l'identifia pour autre chose. Un je ne sais quoi que chaque être humain possède : le tout formé par uen expression, un type de regard précis, le timbre d'une voix, la respiration..? Dur à dire. Il n'avait en réalité aucun ordres à recevoir et elle était bien sotte pour lui intimer de passer son chemin. D'où quelqu'un décidait de le faire bouger, lui ? Ni même de lui donner un ordre ! Pure idiotie ! Il la fixa longuemment de ce regard, reflet de ce qu'il pensait en cet instant-même, une sorte de méprise sarcastique et un air affligé pour elle. Fausse pathétie évidemment. Laissant passer quelques minutes, ne la lâchant pas du regard, Elweard finit par entrouvrir la bouche. Il était effaré que cette femme déborde de fierté pour être en proie à la douleur de sa chute sous ses pieds, mais sans l'avouer, préférant souffrir et affronter et croupir la nuit ici si elle ne pouvait se relever. Cet assaut de colère et paroles froides était l'écho de sa chute et sa douleur ? Mais ça, Dallveig ne risquait pas de l'aider. Sa réplique fusa d'une voix grave, détachée, les yeux brûlants :
- Je n'ai que faire de tes ordres et de tes interprétations aberrantes. Surtout si tu as la stupidité de cracher ta colère par frustration !
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" L'HUMANITE EST UNE ABSURDITE SANGLANTE..." |
|  | | ( Kyra Feithon.

   Age : 15 Inscrit le : 25 Mai 2008 Messages : 252 » Where are you ?! : Quelque part. Devine. » Connections : Le Plus Souvent Possible. =D » Humeur : x'D / Dur à décrire. Fiche perso' » Prénom: Kyra. » Age: 18 Printemps. » Nationalité: Italienne / Française.
 | Sujet: Re: {* La vie est ainsi faite ... Ven 14 Nov - 19:10 | |
| Kyra éclata de rire. Ses yeux, pour peu qu’ils soient un peu habitué à l’obscurité, avait bien reconnut la silhouette qui lui faisait face. Une voix aussi persifleuse ne pouvait appartenir qu’à un seul être. Après tout, sa voix, son timbre et les intonations que prenaient le léger accent qu’il traînait, tout cela sonnait aussi méprisant que son regard. Se redressant, elle frissonna. Ses vêtements étaient trempés, de l’eau lui dégoulinait dans la nuque, et la température continuait de chuter. La réponse de l’étranger l’avait pourtant ramenée à la réalité. Alors comme ça, elle était sûrement stupide, elle proférait des paroles aberrantes, et elle était frustrée. Mais c’est que la petite gueule d’ange qui lui faisait face se croyait fin psychologue… Et puis ce regard, qu’elle apercevait enfin. A la fois dégoûté, méfiant, furieux, et contenant un semblant de pitié. A vrai dire, c’était exactement le parfait attirail de celui qui tient à réduire tout le monde en abruti sans cervelle. Et c’est ce qu’il venait de faire avec Kyra. En deux phrases, il venait de réduire à néant ce qu’il restait de fierté et de présence pour n’importe qui subissant ces paroles. Mais pas la Brune. Parce qu’il ne lui restait pas grand-chose. Elle ne se trouvait pas vraiment jolie. Elle avait un boulot de merde. Elle devenait folle. Elle avait un ego apparemment trop surdimensionné. Mais tout cela, elle le savait. Elle le savait, et l’assumait totalement. C’était pour cela que, le maigre restant de fierté qu’il lui restait, peu de gens parviendrait à lui enlever. Ce fierté, puérile soit-elle, la protégeait assez efficacement des gens voulant la détruire… Et c’était tout aussi bien. Car si personne ne pouvait la blesser, la jeune femme se détruisait elle-même, à petits feux. Aussi s’était-elle permise d’éclater de rire. Après tout, elle savait que, quoi qu’elle fasse, il la jugerait. Parfois bien, parfois très mal, mais il se débrouillerait toujours pour la faire passer pour une petite sotte incompétente et dont l’existence le dérangeait. Elle n’avait donc plus rien à perdre. Absolument plus rien. S’avançant, elle approcha de l’étranger, tout en sachant qu’il n’apprécierait pas. Pour une fois, par contre, elle ne fit pas cela dans un but enquiquineur. Non. C’est juste que parler fort l’ennuyait, et qu’elle préférait ne pas élever la voix. Et puis, de toutes façons, elle laissa un bon écart entre elle et lui. « Et bien je te remercie pour ce jugement. Il me semble assez complet, mais j’aimerais que tu m’expliques un jour prochain pourquoi je serais frustrée, si un jour tu as le temps… »
Son ton était calme et froid, ni accusateur ni moqueur. Elle parlait, et ne voulait pas tomber aussi bas que lui. Elle ne voulait pas en venir à haïr les gens simplement sans les connaître, et à en frôler ainsi la bassesse inqualifiable des gens les plus stupides. Peut être avait-il ses raisons de la haïr, et cela lui importait peu. De plus, elle ne voulait pas se montrer aussi méprisante que lui. Enfin. La seule chose qui l’intéressait, était de savoir en quoi elle serait frustrée. Sa chute ne la mettait pas en colère. La douleur, pourtant bien présente, non plus. Alors franchement, pourquoi ? Les couinements faiblards et plaintifs des chatons lui rappelèrent son premier but, et elle pencha doucement la tête sur le côté, tandis que sa main droite se glissait tendrement sur les petits, leurs insufflant une chaleur dont il avait bien besoin. Ils tremblaient, tout les deux, et semblaient avoir faim, ce qui n’était guère étonnant. Un moment, Kyra resta là, immobile, à se demander où elle pourrait bien aller. Son appartement était loin, et l’envie de dormir n’était pas encore présente. Et puis, chez elle, elle savait qu’elle n’aurait rien à observer, aussi railla-t-elle cette solution assez rapidement. Puis lui vint l’idée du Café de la Gare. C’était un petit bistro à la façade usée, qui ne payait pas de mine. Pourtant, le gérant était gentil, et les clients assez discrets, bien que très sympathique aussi. Du moins, d’après les maigres paroles que la brune avait échangées avec eux. Une fois décidée, elle releva la tête, détachant son regard d’émeraude des deux chatons. Elle fut assez étonnée de voir que l’étranger n’avait pas bougé. Il ne semblait pas l’observer, et elle ne pensait plus à lui. Néanmoins, leurs regards se croisèrent à nouveau, le vert autrefois si pétillant affrontant avec indifférence la haine irrévocable du bronze… Puis Kyra laissa tomber. Son regard dévia, et elle retraça le chemin qu’elle devait prendre. Se mettant en mouvement, elle passa aux côtés de l’inconnu, sans intentions autres que de se diriger vers le bistrot… Pourtant, à son passage, Kyra sentit très nettement la froideur que dégageait l’étranger. C’était bizarre, mais elle n’y accorda qu’une pensée passagère. La gueule d’Ange ne l’impressionnait pas vraiment, et elle ne semblait pas sensible à l’envoûtement qui touchait tout les gens croisant son regard. Un mélange de peur et d’attirance. C’était marrant. Kyra avait croisé plusieurs fois ce regard en fusion, et elle n’était ni apeurée, ni attirée, loin de là. Marchant d’un pas rapide, elle se perdit dans ses pensées, sa main couverte de mitaine caressant d’un geste mécanique les chatons … Poussant doucement la porte, elle entra en accélérant. Une fois appuyée au bar, elle sortit les deux bébés de sa poche. Les posant sur le comptoir, elle appela le barman. Celui-ci, en l’apercevant, sourit et s’approcha.
- Kyra, ça fait longtemps … Mais tu es trempée ! Que bois tu ? Et tes clichés ? Mais qu’est-ce que c’est que ça .. ? Des chatons ? D’où viennent ils ?
C’était ça, le plus marrant, avec ce barman. Même si vous ne parliez pas, il entretenait la conversation seul. Ignorant la plupart de ces questions, la brunette lui dit juste que les petits étaient orphelins. Frigorifiée, elle enleva sa veste, et laissa la chaleur ambiante la gagner. Commandant ensuite un chocolat chaud, elle demanda au barman de quoi nourrir les chatons, et commença à frictionner doucement les bébés, pour les réchauffer. En bon ami des félins, et sachant pertinemment que les chats errants pullulaient dans son quartier, le tenancier possédait tout l’attirail du petit éleveur. Doucement, ils arrêtèrent de trembler, et acceptèrent goulûment le lait que Kyra leur donna. Bon, ce n’était pas tout à fait adapté, mais ça ferait l’affaire en attendant mieux, et donc une visite chez le vétérinaire, qui dormait à cette heure… Bref. Souriant doucement, la Donzelle termina, puis entreprit de vider sa tasse de chocolat. Assise au comptoir, elle observait d’un œil attentif les chatons. L’un deux avait un pelage d’un noir d’encre, avec de sombres reflets bleus. Il évoquait, contrairement à l’autre, plus trapu, l’image d’un fauve, du style panthère. Il avait des membres fins, élancés… Le deuxième, plus petit, et donc, plus trapu, possédait un pelage gris tigré. Tout deux semblaient en mauvaise santé, mais cela changerait vite. Et plus tard, une fois remis en forme et plus grands, ils seraient superbes. Une grosse boule de poils grise, et un petit fauve noir… Par contre, Kyra adorait le noiraud. Il était magnifique, tout comme l’autre, mais le noir lui avait tapé dans l’œil. Mais en attendant, la Brunette savait qu’elle ne pourrait peut être pas les garder. Plongée dans ses pensées, elle n’entendit pas la porte du bar s’ouvrir, et ne remarqua pas le silence accru qui s’instaura. Déjà que la pièce était calme, mais là, c’était vraiment le silence total. Pourtant, voir l’expression du barman la perturba. Un mélange de peur, et d’admiration. Cela ne pouvait signifier qu’une chose, et Kyra le redouta. Puis deux mains blafardes vinrent se placer autours d’elle, l’entourant sans pourtant la toucher, tandis que quelqu’un se plaçait derrière elle. Prise au piège. Ces mots absurdes vinrent planer dans l’esprit de la brune. Même si elle savait qu’elle pouvait se dégager sous une simple pression, elle avait l’impression d’être cloîtrée, et cela la perturba. Mais le quelqu’un qui la coinçait avait certainement une raison, pour se tenir ainsi. Et ce quelqu’un, Kyra savait qui c’était. Il n’y avait qu’une seule personne pour dégager autant de froideur. Qu’une seule personne pour figer autant l’ambiance…
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