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| | Sortie d'Etude au Louvre | Libre | | |
| | Auteur | Message |
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Nataniel Adamas

 { AGE }: 21 { CONNEXIONS }: 7 Jours sur 7 (Vacances)
CHARACTER'S CARD PRENOM*: Nataniel AGE*: 18 Ans NATIONALITE*: Française - Anglaise
 | Sujet: Sortie d'Etude au Louvre | Libre | Dim 21 Juin - 16:20 | |
| Dans ses études d’histoire de l’art de la peinture française, Nataniel était un peu obligé de visiter les musées de la ville, et puis en même temps il aimait ce qu’il faisait donc ça ne le gênait pas spécialement de devoir palier à cette corvée, qui au final n’en était pas vraiment une ! Le blondinet avait seulement un petit souci avec le fait de devoir visiter ce musée, c’était que le prix de l’entrée était presque égal à quatre heures de travail chez le garagiste, oui Nataniel avait pour habitude de compter ses dépenses en heures de travail, ça parlait souvent bien plus et c’était un bon moyen pour freiner les ardeurs éventuelles provoquées par un quelconque achat. Oui mais bon ! Cette expression traversait toujours l’esprit survolté du jeune homme qui ne pouvait pas s’empêcher de tiquer chaque fois qu’un de ses compagnons de cours lui annonçait qu’il venait de visiter le Louvre. Habiter Paris sans prendre la peine de visiter le Louvre c’était comme partir à New York et ne pas visiter la statue de la liberté lui avait servit comme argument l’homme sandwich à l’entrée de la galerie. Bon il fallait avouer que ce gars-là était payé au nombre de clients qu’il amenait et qu’il y avait des tas de gars comme lui qui disaient la même chose devant la tour Eiffel ou l’arc de triomphe. Mais comme toujours le blondinet n’avait pas besoin qu’on le pousse beaucoup lorsqu’il avait envie de faire quelque chose, un simple hochement de tête le décidait généralement, peu importe le prix à payer pour ça ! C’était donc tout naturellement que l’étudiant avait décidé que se rendre au Louvre était une chose obligatoire, et s’il devait manger des pâtes pendant trois semaines pour ça, ce n’était pas grave il le faisait déjà, alors des pâtes de moins bonne qualité, ça ne changeait pas grand chose du moment qu’il restait une réserve pour les sorties du soir !
Le jeune homme se trouvait donc devant le grand bâtiment du Louvre, regardant autour de lui histoire de voir s’il y avait quelqu’un qu’il connaissait, chose assez difficile vu que Paris était tout de même la capitale de la France, mais on ne savait jamais ! Ce n’était pas le cas, à moins que certains visages n’aient été oubliés dans les vapeurs de l’alcool durant une soirée trop arrosée, quoi qu’il en soit cela n’empêcherait pas le Français à visiter le Louvre avec une aussi bonne humeur que d’habitude. Il entra donc dans le bâtiment, passant devant la caisse et payant le prix du billet avec un sourire destiné à la jolie jeune femme derrière, mais il n’obtint aucune ristourne, seulement un simple sourire et un rosissement des joues de l’intéressée en échange, c’était déjà pas mal, mieux que rien en tout cas c’était sûr ! Après avoir jeté un dernier regard à la jeune caissière déjà occupée à servir le client suivant, Nataniel se retourna pour porter son attention sur les divers tableaux qui commençaient à s’offrir à ses yeux. Le bâtiment était bondé de monde, et s’il n’avait pas été à l’aise en société le blondinet aurait rapidement ressenti un malaise grandissant, mais il arrivait à faire comme s’il ne voyait pas ces personnes intéressantes, bien qu’il y ait quelques jeunes femmes plutôt du goût du blond, qui préféra s’intéresser aux tableaux, moins bavard et moins fatigants aussi. L’étudiant avait prit son carnet de croquis, une bonne idée car il fallait avouer qu’il ne se débrouillait pas mal du tout en dessin, en fait il aurait presque pu faire des études dans le dessin pour devenir peintre, mais c’était trop fatigant et contraignant, et le blondinet tenait à sa liberté plus qu’à ses loisirs. Quoi qu’il en soit, étant donné que l’heure n’était pas très avancée, à peine deux heures de l’après-midi et qu’il n’avait rien de prévu avant le soir, il pourrait prendre le temps de croquer quelques tableaux qui lui plaisaient.
Oui à défaut d’avoir l’argent pour pouvoir acheter un appareil photo, le blondinet se servait de ses talents, c’était bien plus long et plus agaçant, mais le résultat était intéressant et il avait le temps donc le souci ne se posait pas. Nataniel se dirigea instinctivement en direction d’un tableau représentant une scène bien connue par les peintres français, mais qui n’était pas spécialement le tableau préféré du jeune homme. Seulement il avait obtenu du professeur le fait qu’ils étudieraient cela dans quelques jours, et c’était par conséquent peut-être la meilleure idée possible pour pouvoir s’avancer un peu. Nataniel sourit tout seul en pensant que sa demi-sœur Madison se moquerait bien de lui si elle le voyait, c’était une intellectuelle et non une manuelle, elle détestait dessiner ou peindre et râlait sur lui chaque fois qu’elle le voyait faire, mais elle n’était pas là pour le moment et elle pourrait toujours râler plus tard ça ne changerait rien ! Le jeune homme prit place sur l’espèce de banc qui se trouvait devant le tableau et qui était justement destiné aux personnes qui voulaient travailler sur les dessins. Tirant un crayon de sa poche il plaça son carnet sur son genou, prit son crayon dans sa main gauche et commença à dessiner brièvement les repères de base nécessaires au commencement du dessin. Puis il partit dans les zones plus importantes, traçant les autres traits principaux, et après une dizaine de minutes, commença à faire les zones de couleur afin de donner l’aspect final mais atténué au dessin. Lorsqu’il dessinait il n’entendait plus rien ni personne autour de lui, et il continuait donc son dessin, s’arrêtant juste de temps en temps pour regarder le tableau avant de revenir sur ce qu’il dessinait, pis de sourire de temps en temps en repensant à quelque chose. Il aimait bien penser à ce qui le tracassait lorsqu’il dessinait, et des fois il pensait à des choses plutôt très amusantes ou très étranges. Puis, parlant tout seul, il murmura quelque chose sans queue ni tête pour quelqu’un qui n’était pas dans son esprit, un sourire aux lèvres.
« La tête que tu feras Madison. » _________________  | O» Petit Nouveau O» Caractère Spécial ? |
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|  | | Sveina E. Adamsberg ADMINISTRATEUR*

 { AGE }: 17 { CONNEXIONS }: Sept jours sur Sept.
CHARACTER'S CARD PRENOM*: SVEINA EIRA AGE*: 30 ANS NATIONALITE*: HOLLANDAIS
 | Sujet: Re: Sortie d'Etude au Louvre | Libre | Lun 22 Juin - 23:00 | |
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- Dessinez-vous toujours quand on vous parle ?
Relevant doucement son visage, Sveina plongea ses yeux bruns, brillants et absorbés dans ceux de son interlocuteur. Sa paume droite se posa à plat sur le petit carnet de croquis en équilibre sur sa cuisse droite tandis que le murmure d’un sourire évasif se peignit sur ses lèvres harmonieuses alors qu’il considérait l’homme assis en face de lui avec une certaine nonchalance qu’il avait chez lui naturelle. Elle se traduisait dans ses gestes, la façon étrange qu’il avait de sourire, ses yeux doux et rêveurs, ses traits mouvementés, l’application qu’il avait en parlant d’une voix fine et désinvolte, douce et apaisante, grave et insaisissable, son allure gracieuse, atypique, rythme toujours égal au bord du détachement, manière exempte de réserve mais aussi de pouvoir… Nonchalance naturelle qui détonnait avec le chaos général de son esprit en mouvance, figé dans un visage lisse et pur, aux traits harmonieux et charmants dont il émanait une étrange séduction. Et, paradoxe suprême de ce type si singulier, si solitaire, qui ignorait les principes de déférence et les règles d’usage- et n’ayant jamais montré un quelconque intérêt pour, incapable d’obéir au nom d’un fichu principe ni même aux Hommes exerçant un rapport hiérarchique de force sur lui, oui, ironie la plus complète : Adamsberg était flic. Il ne s’y était jamais fait et craignait d’un jour le ‘devenir’ ; la police comptait peu d’hommes rêveurs aux yeux vagues et pour cause ! Mais Sveina était un rudement bon inspecteur et même s’il attirait souvent des regards ahuris de ses collègues, tous devaient reconnaître que pour un jeune gars qui griffonne tout le temps, attrapant les idées lorsqu’elles effleuraient sa peau, comme une petite brise de Janvier, ne possédant pas de nerfs, donc ignorant la peur, traqué par un gars qui souhaitait un jour le retrouver avec deux trous rouges aux côtés de la tempe, il s’en sortait bien le petit Hollandais ! Sans qu’il l’eût cherché, les collègues étaient peu à peu touchés par son étrange singularité et peu à peu leurs yeux, autrefois furtifs et agités, se teintaient parfois d’une douce mélancolie mêlée à quelques sentiments évanescents.. Depuis qu’il était devenu supérieur de son service à la Police Criminelle, quai des orfèvres, on entendait moins souvent le claquement assourdissant des portières de voitures, claquées et re-claquées par-derrière.. !
« Non, je ne dessine pas, je griffonne. Des fragments de vie, des idées. Continuez, je vous prie. »
Le fusain de nouveau glissa sur l’épais papier, découvrant de larges courbes, puis un trait plus bref, appuyé, répété jusqu’à tracer un léger sillon dans le papier. Les traits rouges sanguins se liaient, s’assemblaient et se superposaient avec une étrange transparence chamarrée qui faisait naître l’ébauche d’un visage, des yeux insistants, un front volontaire, une bouche crispée. L’homme en face de lui qui nettoyait ses lunettes pour la huitième fois en une heure avec des petits gestes secs, précis et nerveux. Un magnifique antagonisme avec Sveina qui se trouvait assis de travers, jambes croisées, lorgnant la Seine argentée miroitant sous les rayons clairs du soleil de midi. Et si son regard vague, rarement fixe se posait tour à tour sur son croquis puis sur la Seine sous ses fenêtres, il ne l’avait pas empêché de voir le fameux rituel des lunettes de son suspect. Oh, suspect paraissait encore un bien grand mot pour ce pauvre gars, étriqué dans son complet gris-clair, extrêmement soigné : le jeune gars était ingénieur depuis peu et sa première priorité était de faire bonne figure partout où il allait, et sans doute plus encore chez les flics depuis une semaine –date de la mort de son neveu- où il était chaque jour convoqué pour un interrogatoire. Chaque jour plus tendu, plus inquiet, mais toujours très poli, très raffiné et surtout, un gars pas con du tout. Alors Sveina le laissait parler, il intervenait parfois avec douceur, déviant sur d’autres sujets, avec cette manière fluide et calme qu’il avait d’emmener ses interrogés sur des terrains plus glissants, et ce, avec d’infinies précautions, chemins tortueux et ô combien appétissants pour les hommes qui avaient tendance à se jeter à pieds joints dedans. Adamsberg était ainsi avec chacun : vous transformant, vous contournant, il revenait par-derrière, vous désamorçait et tout compte fait vous désarmait. Pour le jeune gars en face de lui, c’était une affaire de jour, déjà il flanchait. Les collègues n’avaient cessé de clamer son innocence, ils l’avaient interrogé avec des manières bien directes, sans finesse, questions ciblées, pression, effectuant le sale boulot que Sveina détestait et évitait au maximum. Ce que faisait un flic, ce qu’il était incapable de faire car il n’arrivait déjà pas à se considérer comme flic. Toutefois, les gars du bureau devaient bien reconnaître que le jeune gars Larcher ne semblait pas tout blanc dans cette affaire. Sveina, quant à lui, continuait ce qu’il avait entrepris avec le même calme, y prenant le temps nécessaire…
« Blanchard... »
- Blonsard, monsieur le commissaire.
« Blonsard, soit.. convoquez demain Matthieu Larcher et apportez le dossier de l’affaire, qu’on y mette un point final. Je vous remercie. »
- Bien, monsieur le commissaire.
*Blonsard = Grand, Yeux marrons un peu tristes, Bonne tête* Nota mentalement Adamsberg alors qu’il quittait l’imposant bâtiment en pierre ocre d’architecture néoclassique où la police Judiciaire avait établit son Quartier Général. Adamsberg était commissaire depuis peu et responsable du service criminel d’une date encore plus fraîche ; du jour au lendemain, c’est une cinquantaine de nouvelles têtes, nouveaux noms à mémoriser, et, là où un simple homme aurait mis quinze jours, lui se trompait encore de noms alors que cela faisait plus de deux mois qu’il avait pris ses quartiers, en dépit de sa bonne volonté. Les collègues s’y étaient habitués et considéraient cela avec une douce ironie, guettant encore de quel nom original ils seraient rebaptisés par Adamsberg.
Il était aux alentours de treize heures et Sveina profitait avec délices de sa pause midi pour goûter aux parfums parisiens, fragrances nuancées, teintées du soleil estival ou de la pluie et du sang, comme il avait si souvent l’occasion d’y goûter dans son quotidien. Personne n’eût pu soupçonner que cet homme-là, qui marchait le long des quais, avec sa chemise blanche dont les manches étaient retroussées jusqu’au milieu du bras, avec pour seul bagage son portefeuille, était la bête noire des criminels de Paris et de Navarre. Lui-même ne se considérait pas comme tel, d’ailleurs, il était dur de savoir s’il s’y intéressait ou s’il s’en foutait royalement, encore un problème notable chez l’inspecteur, ce qui au final, faisait beaucoup. Insaisissable. Etre flic lui donnait quelque chose à chercher dans la vie qu’il avait toujours espoir de trouver, car dans la vie, rien ne semblait pour lui caché; les surprises étaient si rares pour lui. La seule qu’il eût et n’aura jamais est sa Petite Fleur.. Mais il ne l’évoquait pas, il la gardait cachée dans un recoin de son cœur, à l’abri du chaos intérieur. Elle était comme une œuvre d’art à admirer sans relâche, mais ne pouvant appartenir à quiconque car trop grandiose ; dans sa galerie personnelle, Sveina n’avait su conserver son plus beau tableau vivant, celui aux mille couleurs.. Sa petite Fleur avait un jour disparu du décor et il n’avait sût la retenir, il s’était trouvé lâche, terriblement. Alors ses muses, il les admirait sur les toiles de Rembrandt, Renoir, Chagall, Botticelli… Il se plongeait au Louvre, immergé par les nombreuses toiles dans lesquelles ses yeux se perdaient, s’agrippaient, définissaient chaque nuance, chaque expression du visage ou teinte utilisée. Voir ces figures humaines immobiles, immuables, figées dans une beauté, dans l’esquisse d’un mouvement exerçait sur lui un étrange pouvoir de fascination : le mouvement, le désordre, l’agitation générale soudain se taisait et l’œuvre parlait d’elle-même. Alors il regardait les visages impassibles, murés dans un silence, condamnés à chaque jour être détaillés, scrutés jusqu’à ce que l’analyse complète soit faite. Ce travail d’investigation lui laissait un goût amer, et pourtant, il ressemblait tant à ce que lui faisait tous les jours ; les victimes murées dans leur silence s’étaient tues, emportant avec elle leur secret et lui, devait percer ce secret, ce mystère. Aussi, lorsqu’il se rendait au Louvre comme aujourd’hui, il se contentait d’observer lentement, longuement l’œuvre, sans jamais chercher à ‘fouiller’ dedans, pour la déformer.
Les touristes semblaient avoir épuré le Louvre à cette heure anormale en France pour les visites ; celle du repas. Seuls subsistaient les passionnés d’art et les gens atypiques, échoués ici, sans but premier. Evidemment, Sveina faisait partie de la seconde catégorie –et encore, si on arrivait enfin à le placer dans une catégorie, tâche plus qu’ardue. Pénétrant dans une salle presque déserte, sentant l’armoise, le cèdre et la cire du parquet craquant, Adamsberg promena son regard vague sur les différents tableaux, avant de rester subjuguer par celui de Chagall, au fond. Mille couleurs toutes aussi vives, deux mariés emportés au milieu des nuages, une chèvre volant à leurs côtés et un violoniste perché, là-bas, sur un toit. Vision poétique et naïve, magique et candide, irréelle pour l’inspecteur qui s’assit en face de l’œuvre et commença à crayonner sur son carnet les visages et les petits détails de l’ensemble. Dans son dos résonna une voix, provenant de l’homme assis sur le même banc mais peignant l’œuvre face à celle de Chagall. S’il était persuadé que cette réplique ne s’adressait qu’à lui-même, Sveina ne pût s’empêcher de murmurer de côté, avec ce doux sourire évasif :
« Lorsqu'elle découvrira que vous êtes le nouveau Van Gogh ? »
_________________  Solitaire . Doux . Mouvementé . Rêveur. Séduction insolite.Particulier.Insaisissable. Inexplicable : Tout est affaire d'intensité.
Dernière édition par Sveina E. Adamsberg le Ven 26 Juin - 18:08, édité 1 fois |
|  | | Nataniel Adamas

 { AGE }: 21 { CONNEXIONS }: 7 Jours sur 7 (Vacances)
CHARACTER'S CARD PRENOM*: Nataniel AGE*: 18 Ans NATIONALITE*: Française - Anglaise
 | Sujet: Re: Sortie d'Etude au Louvre | Libre | Mer 24 Juin - 12:17 | |
| Le nouveau Van Gogh ? Nataniel tourna la tête en direction de la voix qui venait de s’adresser à lui. Son regard azur se posa sur le visage d’un homme plus âgé que lui, et qui se trouvait assit sur le même banc que lui, mais faisant face à l’autre tableau. Bon c’était un compliment il fallait l’avouer, être considéré comme un peintre très connu avait de quoi être sympa, mais bon, Nataniel n’imaginait même pas que sa demi-sœur connaisse le nom de ce peintre. Après il fallait avouer que le style de Van Gogh et son passé ainsi que tout ce qu’il avait fait pour en arriver jusqu’à ce qu’il soit connu était tout de même un peu spécial, et même si le blondinet devait avouer qu’il était quelqu’un de très excentrique, ce n’était pas à ce point là tout de même… Prenant une expression de réflexion durant quelques secondes, le jeune homme répondit finalement à l’inconnu.
« Hum. Je ne dirais pas non contre ça mais je doute avoir le style de peinture requit, et puis je tiens un peu à mes deux oreilles, je ne penserais pas être capable de me débarrasser d’une d’elles ! De toute manière, je doute qu’elle connaisse seulement le nom de ce peintre. »
La fin de la phrase avait été prononcée sur un ton amusé et moqueur à la fois, le regard du jeune étudiant ayant déjà dévié sur les tableaux autour d’eux. Le jeune homme finit par diriger son regard entraîné vers le tableau qui se trouvait derrière lui, et qui faisait face à l’homme qui venait de lui adresser la parole. Nataniel aperçu avec surprise que c’était un tableau très spécial, sa classe avait étudié le peintre il y a quelques semaines, et il fallait avouer que le blondinet avait gardé un bon souvenir de ce peintre. De toute manière, il fallait avouer que le français était assez facile à charmer du point de vu des peintures, même si bien sûr il avait tout de même ses peintres préférés, comme par exemple Magritte, mais bien entendu ses tableaux les plus intéressants se trouvaient au musée de Bruxelles. Nataniel ne jugea pas utile de préciser que même s’il appréciait l’idée qu’on puisse lui faire un compliment comme ça il ne comptait pas qu’on le prenne pour un peintre connu et non pour lui, mais bien que d’ici quelques années ce soit son nom à lui qui soit connu ! Vantard et un peu mégalo ? Certainement, après tout pour réussir à devenir quelqu’un de connu il fallait être comme ça non ? Sans compter que le blondinet avait le caractère pour évincer les personnes qui se dresseraient sur son chemin. Quelques années avant lorsqu’il avait parlé à sa mère de son rêve de devenir peintre, elle lui avait répliqué que seulement une personne sur un million avait cette chance, le jeune garçon lui avait répondu que cette personne dans ce cas, ce serait lui et personne d’autre ! Nataniel était conscient que son attitude pouvait le faire passer pour un sale gosse pourri gâté et qui se voyait comme la star de demain, mais il s’en fichait éperdument, après tout sans rêve que devenait la vie ? Après un petit moment de silence, le blondinet ajouta donc quelques mots, s’attendant bien sûr à voir l’inconnu prendre ses affaires et s’en aller après avoir entendu ses paroles.
« Et cela dit, je n’aimerais pas qu’on me prenne pour quelqu’un d’autre, je compte bien qu’on me prenne pour moi parce que je serais devenu quelqu’un de connu dans quelques années. »
Habituellement il déclenchait rapidement un sentiment d’hostilité envers lui dans l’esprit des gens, généralement soit les personnes l’adoraient soit elle le détestait, l’entre-deux n’existait pas avec le blondinet, c’était plus simple et plus rapide au moins ! Mais bon, il fallait avouer que les adultes, mis à part sa mère ou les parents aussi frivoles qu’elle, voyaient en lui un sale voyou ou un gamin qui ne pensait qu’à fêter, et même si c’était beaucoup le cas il fallait l’admettre, l’étudiant savait ce qu’il voulait et ça peu de personnes en étaient capables à son âge ! De toute manière même s’il déclenchait une réaction plutôt mauvaise chez cet homme, au moins il aurait échangé quelques mots avec un inconnu dans la journée, en réalité Nataniel se moquait un peu de ce qu’on pensait de lui, il était comme il était, on le prenait tel qu’il était ou alors on ne le prenait pas. Ce n’était pas le genre de personne qu’on pouvait modeler suivant ses envies et puis lui faire changer de caractère pour en faire un gentil garçon docile. C’était un peu son coté frivole, mais plus on essayait de le faire rentrer dans le moule plus il se débattait, c’était certainement le gène artiste que sa mère lui avait donné, bien qu’il devait admettre qu’il tenait plus à sa liberté qu’à ses rêves. Ainsi si un jour il devait faire le choix entre le fait de devenir un peintre connu mais avec beaucoup d’obligations, ou rester un petit peintre méconnu mais qui vendait ce qu’il voulait à qui il voulait, le choix serait rapidement fait ! On emprisonne par l’esprit artiste d’une personne ! Le silence planait depuis quelques secondes, presque des minutes, mais Nataniel était souvent perdu dans ses pensées, et en ce moment, son regard qu admirait le tableau de Chagall était devenu étrangement pensif, presque transparent.
Finalement après un petit moment, il sortit de ses pensées et reporta son regard clair sur l’homme qui se tenait toujours assit sur le siège à coté de lui. L’étudiant avait un peu de mal à voir vraiment le genre de personne que c’était. En temps normal il devait s’avouer que jamais l’idée de lui parler ne serait venue, il était beaucoup trop... Trop classe et habillé comme un adulte responsable pour que l’idée de commencer la conversation vienne au jeune garçon ! Comme quoi le destin était plutôt drôle, car lorsqu’on était dans le Louvre, il n’y avait plus vraiment de style d’âge ou de passion, seuls des gens qui étaient tous animés par le même sentiment, à savoir celui d’avoir envie de profiter des talents des autres peintres, et surtout de pouvoir voyager dans des contrées lointaines ou même certaines fois imaginaires. C’était ce que le blondinet aimait dans la peinture, ça faisait voyager à moindre frais, enfin moindre, le prix du billet était assez élevé mais moins qu’un billet d’avion en partance pour les pays lointains ! De toute manière ce que Nataniel appréciait dans le Louvre depuis le peu de temps ou il y était, c’était le mélange de nationalités et de goûts, des personnes qui ne se seraient jamais adressées la parole échangeaient des avis différents et complémentaires. Ainsi l’étudiant en art pouvait sans soucis être plus calé et donner des explications à un chef d’entreprise quadragénaire, sans que cela ne semble étrange ou honteux des deux cotés. Soulevant son crayon, le jeune homme le porta à sa bouche comme il le faisait lorsqu’il réfléchissait sur quelque chose d’important, ses crayons d’ailleurs en gardaient tous les marques… Après un petit moment de silence, le blondinet s’adressa à nouveau à l’inconnu.
« Et vous, vous ne dessinez pas ? Je ne voyais pas trop des personnes avec votre style venir passer leur pause de midi à admirer un tableau comme ça, je pensais plutôt que vous seriez du genre à aller voir ce paysage en vrai dans le coin ou il a été peint. »
Toujours aussi franc, pas de détours, une autre personne se serait excusée de lui adresser la parole d’un ton aussi franc ou même de le déranger en lui demandant de telles informations, car il fallait avouer que son ton et sa manière de parler pouvait avoir l’air un peu effronté, mais ce n’était pas de sa faute, on devenait comme on vous élevait ! Et puis mieux valait être franc et ne pas prendre des chemins détournés lorsqu’on débutait une conversation non ? Certaines personnes étaient gênées par tant de franchise, les codes de la bonne conduite voulaient souvent qu’on se fatigue à faire des détours de tous les sens pour essayer de donner l’impression qu’on ne voulait pas savoir ça alors qu’en fait si. Et puis autant l’avouer, le gars aux cotés de l’étudiant avait un habillement qui laissait penser que c’était une personne avec un travail fixe, et par conséquent dans l’esprit du blondinet c’était synonyme de pouvoir partir en voyage. Nataniel n’avait jamais cette chance, à part l’Angleterre lorsqu’il rendait visite à son père, il n’avait jamais voyagé et regrettait toujours ce point, c’était donc presque toujours le point qu’il exprimait en premier lorsqu’il liait une conversation, le voyage, la fuite, s’en aller loin des responsabilités et toute la vie compliquée et fatigante. Des années plus tôt, sa mère lui avait dit qu’il lui faisait penser aux oiseaux de paradis qui une fois sortis de leur environnement sauvage et naturel pour être enfermés dans des cages perdaient leur éclat et ne chantaient plus pour finir par mourir de tristesse. Lui plonger dans la vie parisienne en tant que travailleur, fourré dans un bureau ou il devrait faire ses 8 heures par jour habillé dans un costume deux pièces, ce serait pareil, et il imaginait facilement finir sa vie à 30 ans suicidaire solitaire et surtout complètement déprimé. On ne vivait qu’une fois ! Le blondinet le savait maintenant et il profitait de chaque moment de sa vie, mais est-ce que l’autre en face pourrait comprendre la manière un peu bohème qu’avait le blondinet de s’adresser à lui ?
Peut-être, peut-être pas, en tout cas Nataniel remarqua que l’inconnu avait un visage à dessiner, dommage qu’il n’ai pas l’occasion de dresser un rapide portrait, et puis pourquoi pas après tout ? ! Le jeune étudiant détourna la tête de l’adulte avant de reporter son attention sur son carnet de croquis pour tourner la page et commencer une esquisse rapide du visage de l’homme. Celui-ci ne verrait certainement pas ce que le gamin était en train de faire ou n’y ferait pas du tout attention, c’était aussi possible, mais Nataniel ne voyait pas l’intérêt de demander l’autorisation, l’inspiration était venue alors pourquoi la justifier ? Cela dit il ne coupait pas cour à la conversation, même s’il dessinait et que certaines personnes prenaient mal le fait qu’on dessine en parlant, lui il s’en fichait, le dessin c’était sur le vif et ça n’attendait pas ! _________________  | O» Petit Nouveau O» Caractère Spécial ? |
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|  | | Sveina E. Adamsberg ADMINISTRATEUR*

 { AGE }: 17 { CONNEXIONS }: Sept jours sur Sept.
CHARACTER'S CARD PRENOM*: SVEINA EIRA AGE*: 30 ANS NATIONALITE*: HOLLANDAIS
 | Sujet: Re: Sortie d'Etude au Louvre | Libre | Jeu 25 Juin - 1:05 | |
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Sans même osciller, le regard ancré dans la peinture aux couleurs vives, rêveuses et parfumées de Chagall, Sveina, plongé dans le mystère du visage indéfini du jeune dessinateur, attendit que sa voix retentisse pour en explorer les méandres qui dessineraient peu à peu les traits de son visage, peindraient une personnalité dans les nuances de sa voix.. Il ne fût pas déçu. Les paroles, prononcées avec une once d'amusement, franches et fraîches plurent à son oreille. Il aimait ainsi se réserver la surprise d'un visage, qui souvent lui restaient dérobés, lui-même devait les reconstituer peu à peu, dans la pénombre des gestes esquissés, des traces échappées, d'un agissement souvent redoutable.. Un long assemblage comparable à un puzzle avant que l'œuvre finale ne se présente; elle décevait parfois, surtout les victimes, de la banalité d'un tel visage fade, trouble, laiteux. Les visages ne révélaient pas toujours la personne, ne reflétaient pas l'intérieur intense, véritable fusion d'éléments à prélever en détail, durs à saisir, tout ce qui se mêlait parfois de manière si complexe, derrière un visage terne, insignifiant, brillant, sculpté en beauté.. Non, le regard et la voix étaient les deux éléments qui reflétaient le plus un être humain. Et si le sens des paroles n'avait pas manqué de faire sourire l'inspecteur, son oreille affinée avait saisit des intonations qui retenaient son esprit, posant sur un visage inconnu, des traits explorés et d'autres où planaient encore un certain trouble. Sensé, vif, sensible, ironique, un franc-parler et un flot de paroles prononcées avec sincérité, franchise, coulant facilement, sans emprunter le détour de rivières sinueuses; certains auraient pû s'indigner ou sentir des frissons d'hypocrisie, de gêne, d'irritation, brûler leur peau lorsque le jeune homme évoqua sa seconde pensée, à savoir qu'il serait quelqu'un de connu dans quelques années et qu'il ne désirât pas que son nom se mêla à celui de Van Gogh. Non seulement Sveina ne remarqua pas son adresse directe, dénuée de manières, car lui-même n'en empruntait jamais, ignorant même le mot de 'sinuosité' et embarras sociaux, les règles de bonne conduite ne lui ayant jamais été enseignées, il les avait toujours superbement ignorées, se montrant très mauvais élève lorsqu'avec patience et calme, on avait tenté de les lui enseigner et qu'il avait accepté pour 'faire plaisir'; il se plaisait dans cette ignorance qu'il gérait avec naturelle, sans arrière-pensées, sans sympathie excessive, non, un rapport direct, dénué de pouvoir et de délicatesses. Un bref sourire éphémère effleura ses lèvres lorsque le jeune homme évoqua une future condition ; lorsqu'il serait 'connu' et fier de porter son nom. Ce sourire n’avait rien d’un de ces sourires d’adulte lorsqu’ils entendent un enfant exprimer ses rêves futurs, l’envie de devenir cosmonaute ou pilote de chasse.’ Ce sourire diablement hypocrite teinté d’un soupçon d’indulgence pour ces ‘pauvres petits enfants innocents’ qui ne réalisent pas la dure réalité.. Un rêve, cela s’accomplissait et il fallait s’y accrocher. Sveina éprouva donc un vif intérêt, ne voyant pas là l’occasion de porter une critique mais plutôt de montrer ce qui avait éveillé son esprit à ses paroles. Lui ne réagissait pas comme les adultes, il réagissait avec la candeur d’un enfant alliée avec la philosophie de certains acquis, tout en gardant un grand respect et une large part à l’indécis, au rêve, au lointain..Tous ces dessins non formés qui se profilaient sans qu’il eût pu en saisir le mouvement ; sa pensée l’y menait, vers ces accomplissements sans qu’il ne s’en doutât vraiment ; c’était ainsi pour tout et cela apparaissait soudainement à l’orée de ses yeux, sans qu’il l’eût vraiment cherché, ce dont il était incapable. Il s’exprima d’une voix douce, avec une certaine lenteur, une certaine application dans la voix : il n’avait jamais su parler vite, être bref et résumer, il aimait développer et devoir se résigner à quelques mots l’écœurait, lui faisait un pincement au cœur. Alors parfois, les gens s’endormaient quand il parlait, il fallait leur demander de temps à autre « Me suivez-vous toujours ? », avec un petit sourire d’excuses.
« Vous avez raison d’éviter d’inscrire vos pas dans ceux de Van Gogh dans ce cas-là… Vous ne jouiriez pas de votre gloire de votre vivant. Or, c’est ce que vous cherchez ? Tout en gardant les taches de peinture à l’huile sur votre chemise et de fusain sur votre paume, j’imagine. Vous n’en démordrez pas, n’est-ce pas ? Vous avez raison.»
Ses yeux restèrent rivés sur le tableau de Chagall tandis qu’un sourire se dessinait au coin de ses lèvres en mouvement. D’habitude, son regard ne restait que très peu fixe, saisissant quelques petits fragments d’images furtives pour organiser une sorte de grande image en fusion qui se mêlait dans les méandres de son esprit, quelque chose de vague, un peu lointain, indéfinis, comme l’avaient été ses rêves de gamin. Adamsberg ne s’était jamais fixé, toujours en mouvance, l’esprit désordonné, les yeux vagues et insaisissables, il n’avait jamais su s’imposer une seule contrainte, un point à accomplir à tout prix, rentrer dans le conformisme pour une chose qu’il s’était fixée, pour laquelle il devait s’engager.. Il ne s’impliquait que s’il le désirait vraiment, laissant son esprit vagabonder, sa farouche liberté effacer d’un regard les frontières qu’on lui imposait. Il ne cherchait pas à les contourner, non, il s’arrêtait devant et n’avançait pas tant qu’on ne les lui avait pas retirées. Désordonné, Flegmatique, Solitaire, Pondéré et à la fois atypique, surprenant, Inadapté, Rêveur..ce mouvement n’avait rien de circulaire, non, il était flou, troublant, complexe.. Trop pour qu’on puisse vraiment comprendre, déchiffrer qui était exactement Sveina, quel genre d’homme était ce gars échoué sur terre, avec ses yeux rêveurs, sa voix douce et sa grâce nonchalante, qui était-il sinon un homme inapte à ce Monde-là ? Si gamin, il avait dit –et seulement imaginé- qu’il serait flic, tout le monde aurait rit avant de rétorquer « Tu n’es pas sérieux Sveina ?! »..Cela, on lui avait dit même lorsqu’il avait fait ses premières preuves en matière de police scientifique, le commissaire-chef lui avait dit : « Ecoutez Adamsberg, vous êtes quelqu’un d’agile, pas con du tout, vos pensées me devancent et me surprennent. En fait, vous êtes quelqu’un d’inexplicable et de trop atypique pour rentrer dans la police. Vous dites rien, vous rêvassez, vous dessinez en bouffant la gomme de votre crayon, vous observez les murs du commissariat avec une étrange minutie, vous en foutez pas une, puis un jour, vous débarquez et vous nous dites ‘Faudrait arrêter monsieur le maire, c’est lui qui a tué le gamin pour pas qu’il parle’ ? Vous pensez continuer encore longtemps comme ça ?! » Huit ans exactement. Et des énigmes, il en avait démêlé tout en continuant à lorgner les murs, griffonnant sur son carnet ou encore en regardant des tableaux de Chagall pendant sa pause midi par exemple. Il ne réfléchissait pas, il se nourrissait d’art, d’éléments extérieurs et puis après, il attendait que cela vienne, sans s’en préoccuper. Les autres ne comprenaient pas, d’ailleurs ils ne le comprenaient pas lui-même, alors ils le laissaient rêvasser.
Le silence ne le gênait pas, il le goûtait et le savourait avec cette même lenteur émanant de ses gestes ou de sa parole. Son regard se perdait dans les détails du tableau, les moindres reliefs causés par la peinture, les rainures du pinceau, l’application mise dans chaque trait, chaque couleur issue de mélanges subtils… Tant d’images se mêlaient dans cette peinture imaginaire, capture d’instants de vie, de rêves, d’irréalité, d’idéal teinté, de bonheur.. Chagall sublimait le réel, il y apportait cette nuance indescriptible, originale, étrange et pourtant bouleversante. Et pourtant, en voyant cet ensemble, Adamsberg ne pouvait s’empêcher de ressentir une once de tristesse, de mélancolie. L’idée que ce rêve lui reste à jamais inaccessible, que le ciel ne prenne jamais ces teintes-là, que jamais il ne verrait une chèvre sourire ou un violoniste voler. C’était également l’image d’un temps révolu, d’une époque effacée, disparue. Il ne restait qu’une peinture aux couleurs imaginaires, aux visages inconnus. Quelque chose d’insaisissable, une joie qui restait murée au fond du tableau sans pouvoir venir pleinement à lui, ne pourrait plus venir car il n’avait plus les clés pour entrer dans une œuvre d’art. Il baissa les yeux. L’odeur de la peinture lui chatouillait les narines…
..Ses yeux noisettes brillèrent avec intensité, subtilité, tandis qu’il la regardait, la tête penchée sur le côté, en train de tremper son pinceau dans un pot de confiture empli de peinture bleue. Elle était là. Elle peignait…Avec délicatesse et minutie, il referma la porte de l’appartement derrière lui en prenant soin de tourner avec lenteur la poignée. A pas de velours, il s’approcha d’elle, dans son dos, avancant face à la lumière dorée de la fin de soirée qui inondait son appartement et courait le long de sa nuque. Elle peignait avec application, un pinceau dans la bouche, deux dans sa main droite qui s’alternaient et sa grande palette de bois où se mêlaient magenta, cyan, bleu, rouge, jaune, violet, or…Toutes fusionnaient, s’amalgamaient et créaient les miscellanées d’Amance. Sa petite fleur avait maintenant déposé dans son appartement les plus délicates et exquises fragrances, une multitude de couleurs pleines de richesses et de nuances et peu à peu, à l’image d’une brise coulant à la surface de la peau de Sveina, elle s’imprégnait tout entière en lui, le comblant des grâces que la vie lui avait donné, de cette soif de vivre abondante, de ses sourires, de son rire comparable aux petits grelots, son caractère complexe et passionné. Sa Petite Fleur adorée qu’il entoura de ses deux bras, posant son menton au creux de son épaule. Deux êtres évanescents, inattrapables qui pourtant fusionnaient. Elle eût un petit sursaut avant de se laisser couler dans ses bras, posant ses pinceaux avant de se tourner vers lui. Il l’embrassa tandis que l’extrémité des doigts d’Amance effleuraient sa joue. Lorsqu’elle se détacha de lui, elle se mit à rire : au coin de sa lèvre droite se dessinait clairement une touche de bleu..
La voix de l’inconnu le ramena soudain à la réalité, il le questionnait, lui parlait des « personnes de son style », d’horizons lointains.. Plusieurs détails amusants retinrent l’esprit de Sveina qui renchérit presque aussitôt, ses yeux bruns brillants vinrent enfin se ficher dans ceux du jeune homme blond. Il regarda enfin son visage jeune, un peu farouche, les traits candides, les yeux intelligents, quelque peu inquisiteurs. Il sourit :
« Les personnes avec mon style ? … Quel style ai-je ? Dans quelle catégorie me rangeriez-vous ? »
Ses yeux de nouveau s’échappèrent pour effleurer du regard, furtivement, le tableau de Chagall. Il porta son regard au loin, s’attardant sur les nuages clairs qui balayaient l’azur parisien.
« J’aimerais savoir où un tel tableau a pu trouver modèle. Le Paradis peut-être…Et je doute qu’il me soit accessible. C’est un ‘coin’ où je ne me risquerais pas en tous cas ; »
Un doux rire sonna, comme un murmure ; à la porte de ses lèvres. Il regarda le jeune homme qui à présenter griffonnait, esquissait les traits d’un visage : nez busqué, yeux un peu creux, traits fins et désordonnés.. Jamais on ne s’était vraiment essayé à le dessiner, la tâche était trop difficile, le visage trop changeant, les traits désassemblés. Rien n’était fixe et probable dans ce visage. Il y avait un peu trop de tout, les quantités avaient été mélangées, inversées et le résultat était surprenant, saisissant, intéressant et peut-être séduisant mais incompréhensible. Avec un vif intérêt, il observa les esquisses du jeune homme, se demandant jusqu’où il tiendrait, s’il arriverait à figer ce visage en mouvement. Lui était incapable de fixer son regard longtemps aussi on ne pouvait percevoir ce qui se cachait derrière ses iris brunes qui semblaient se dérober éternellement.
« Je doute que cela donne quelque chose. »
Puis de nouveau, un regard lointain, des pensées éparpillées, mêlées, illusoires.
[Désolée, le post n’est pas fameux, il est tard.. Je me rattraperai.]_________________  Solitaire . Doux . Mouvementé . Rêveur. Séduction insolite.Particulier.Insaisissable. Inexplicable : Tout est affaire d'intensité.
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|  | | Nataniel Adamas

 { AGE }: 21 { CONNEXIONS }: 7 Jours sur 7 (Vacances)
CHARACTER'S CARD PRENOM*: Nataniel AGE*: 18 Ans NATIONALITE*: Française - Anglaise
 | Sujet: Re: Sortie d'Etude au Louvre | Libre | Ven 26 Juin - 16:51 | |
| [ HP : C’est parfait au contraire ! Mais désolé du petit retard tout le monde me répond en même temps sur tous les forums \o/ ]
L’homme était très original, il arrivait à éveiller l’intérêt et la curiosité du jeune homme, Nataniel ne pouvait s’empêcher d’être attiré par le caractère que l’homme semblait dégager, et le calme apparent qu’il exprimait, autant par ses paroles que par sa manière de se tenir. C’était un peu comme un chat attiré par une lumière qui bougeait sans cesse, ou par une ficelle qu’on agitait devant lui, sauf que là il fallait avouer, l’homme ne bougeait pas encore, mais c’était peut-être ça justement, qui intriguait autant le blondinet après tout ? Très certainement, en réalité le meilleur moyen pour éveiller l’attention et l’attirance chez le jeune homme c’était d’avoir un style complètement décalé ou encore de le repousser tout simplement. En l’occurrence, le calme et la manière qu’avait l’homme de prendre son temps pour répondre ou encore pour observer ce tableau avec une attention sans faille, c’était comme d’observer une toute nouvelle chose sous un microscope. Visiblement l’homme n’avait pas l’air gêné de l’attention soutenue du blondinet, et c’était tant mieux parce qu’il ne comptait pas arrêter, après tout pourquoi s’empêcher de regarder les gens avec une certaine insistance lorsqu’ils ne disaient rien ? Il n’y avait aucune raison, et ce fut pour ça que Nataniel continua de regarder tantôt l’homme, tantôt son dessin qui évoluait légèrement mais certainement son la mine de son crayon. Pour une fois il ne s’était pas lancé dans le fusain, habituellement c’était ce qu’il préférait comme rendu, mais le crayon demandait beaucoup plus de doigté et d’entraînement, puis de toute manière un futur peintre connu devait bien maîtriser tous les genres possibles non ? Même s’il avait une nette préférence pour les couleurs, il se disait que se serait une belle création s’il arrivait à capter l’expression lointaine et rêveuse qui filtrait des yeux de l’homme.
Finalement l’homme lui avait répondu, en disant qu’il avait raison de ne pas vouloir ressembler à Van Gogh, et il ajouta quelques points qui déclenchèrent un regard intrigué du jeune homme à son attention. Il avait remarqué autant de détails d’un simple coup d’œil ? C’était quoi ce bonhomme, un nouveau Hercule Poirot avec la moustache en moi, et la classe en plus il fallait l’admettre ? Hum non certainement pas, peut-être simplement un ancien peintre ou quelqu’un du genre qui devait avoir l’habitude de voir les habits parsemés de tâches des peintres et autres artistes. Même si Nataniel ne se jugeait pas encore comme un peintre expérimenté, il ne se privait pas d’arborer ce titre de temps en temps, au court d’une discussion ou tout simplement pour se dire que son but était vraiment quelque chose qu’il ne devait perdre de vie à aucun prix ! En fait ce n’était pas tellement d’être connu qui lui importait, au contraire, ce qu’il voulait c’était sa liberté, gagner juste assez d’argent pour pouvoir voyager et avoir de quoi manger et faire la fête, comme maintenant, sauf que les voyages étaient plutôt compromis à la vue du peu d’argent qu’il avait dans son porte-monnaie. En tout les cas, l’inconnu semblait visiblement être plutôt doué pour les déductions, il avait sentit au ton du jeune homme qu’il ne lâcherait pas l’affaire et qu’il serait un jour un peintre, peut-être juste un petit peintre parmi d’autres, mais en tout les cas, il serait quelqu’un dont il n’aurait pas honte et il vivrait une vie passionnante contrairement aux trois quarts des gens qui vivaient dans cette ville ou même sur cette planète. Nataniel arrête un instant de faire son dessin pour regarder rapidement l’homme, puis il reprit son griffonnage avant de répondre d’une voix toujours aussi franche et enjouée.
« En effet je ne compte pas démordre de mon objectif, après tout à quoi ça sert d’avoir des rêves si l’on ne peut pas les atteindre ? Ce n’est pas de l’espoir, c’est simplement un but dirons-nous. Et vous, pour être aussi observateur à des détails insignifiants pour la majorité des gens, est-ce que vous êtes un policier du genre Hercule Poirot ou alors vous êtes tous simplement un artiste qui reconnaît ses propres traces ? A moins que vous ne soyez les deux à la fois ? »
Ca serait vraiment original si c’était le cas il fallait d’admettre, mais bon, tout était possible, et puis plus le jeune homme retournait ces possibilités dans on esprit plus il se rendait compte que cet homme ressemblait vraiment aux policiers étranges et farfelus mais très forts qu’il y avait dans les livres, voir même dans certains films. L’esprit créatif et imaginaire du jeune homme s’emballa, il aimait bien, s’imaginer des choses sur les gens qu’il rencontrait, ‘est-ce que lui serait par hasard un brigand recherché ?’ Ou encore ‘est-ce que par hasard cette fille serait amoureuse du copain de son amie ?’ Des questions très souvent sans intérêt réel mais qui avaient tôt fait d’éveiller l’imagination de l’étudiant et tout ce qui allait avec. En réalité il avait plutôt tendance à s’évader dans cette vie, se servir de ce magnifique don que lui avait donné la nature, à savoir l’imagination, il agrémentait souvent ses peintures d’apports personnels, des fois il dessinait plus les gens comme il les voyait que comme ils étaient réellement, et en l’occurrence il comptait faire de même pour cet homme. Après tout chacun avait un style personnel si Picasso avait simplement dessiné ses modèles tels qu’ils étaient, jamais il ne serait devenu le maître du mouvement du cubisme, si jamais le jeune homme se contentait de dessiner ce qu’il voyait, il n’y aurait qu’une coquille vide sans aucune matière derrière. Certes il fallait débuter par le début, et à la base Nataniel devrait normalement commencer par s’entraîner au simple dessin, à savoir se contenter de retracer le visage de l’homme sans pour autant mettre sa touche personnelle pour faire ressentir l’impression que lui donnait cet homme, son coté Hercule Poirot, calme, un peu ressemblant à un homme sage. Le jeune homme regarda rapidement l’homme, et soudain une image s’imposa à son regard, celle d’un animal noble, Nataniel arrivait souvent à attribuer aux gens des animaux totem, ce cet homme s’il devait en avoir un, ce serait un lion ou un cerf des bois, les deux à la fois, la prestance du lion mais le calme apparent du cerf. Nataniel sourit pour lui-même, c’était un peu surprenant de penser comme ça mais ça l’aidait ! Cet homme ressemblait à beaucoup de chose que le blondinet connaissait, l’animal mythique dans le dessin animé de la princesse louve, l’animal calme, la personne qui était là pour apaiser le caractère des gens survoltés, bref, un peu tout ce qui dans sa vie était lié à ce sentiment de calme et d’attirance.
L’homme reprit finalement la parole, demandant à Nataniel comment il le voyait, à quel style de personne il pensait, et si cette question aurait normalement gêné ou surprit une autre personne, là c’était différent. Le blondinet avait déjà reporté son regard sur le dessin et ne s’arrêta même pas de dessiner, il fit simplement une légère moue de réflexion en continuant de dessiner avant de hausser légèrement les épaules, il avait bien une pensée précise, mais pourtant il ne voyait pas vraiment de raison de l’expliquer. Il le voyait comme ça parce que c’était le cas, l’autre homme devait peut-être trouver ça étrange mais lui en tout cas n’avait jamais pour habitude de justifier ce qu’il disait. Seulement il ne pouvait pas le laisser se poser cette question après tout, et cette conversation était plutôt intéressante alors pourquoi ne pas chercher à aller plus loin ? Après un petit moment d’hésitation qui se trouvait plus être une hésitation dû au fait qu’il cherchait ses mots, le blondinet inspira légèrement puis répondit d’un ton toujours aussi enjoué et totalement dénué de précautions ou d’une quelconque tentative d’atténuation de ses mots.
« Je dirais que je vous rangerais dans le style des adultes. Même si vous me donnez toute l’impression d’être plus une personne rêveuse et qui ne se fait pas de soucis de sa vie, vous êtes tout de même habillé comme les adultes qui habituellement travaillent et par conséquent, possèdent les moyens de voyager. De toute manière, tous les adultes ont des moyens mais ils n’ont pas souvent les envies ! »
L’homme reporta son regard sur le tableau puis il sembla à nouveau perdu dans ses pensées, c’était vraiment amusant de voir à quel point un homme de son âge pouvait penser comme un adolescent. Habituellement les adultes étaient tous renfermés, ils ne voulaient généralement pas se fatiguer à rêver, lorsqu’ils étaient enfants ils rêvaient de devenir cosmonautes, de devenir chevalier ou des autres métiers tout aussi farfelus les uns que les uns, mais avec le temps ces rêves se transformaient, ils devenaient des rêves plus abordables, avoir une famille, avoir un mari, et avec l’arrivée de l’âge adulte, les rêves disparaissaient, laissant juste des débris d’envies et d’espoir, qui rapidement étaient eux-mêmes écrasés, et subsistaient alors juste le dégoût, la fatigue et l’envie d’en finir. Nataniel n’avait pas évolué sur ce plan, il était simplement resté au stade de l’enfant, depuis sa plus tendre enfance il rêvait de devenir peintre, maintenant encore, et dans dix ans ce serait le même rêve, peut-être devenu réalité, non, certainement devenu réalité, et à ce moment il passerait à un autre rêve d’enfant qu’il avait gardé. Nataniel était un éternel enfant, peu de gens le voyaient, habituellement on disait qu’il manquait de maturité mais en réalité c’était simplement que les gens étaient tristes de voir que d’autres vivaient leurs rêves, ils étaient jaloux, bêtement jaloux au lieu d’être heureux pour eux. Finalement l’homme ajouta quelques mots, et Nataniel rigola légèrement en répondant d’un ton sans détour, comme s’il avait déjà pensé à sa réponse avant même d’entendre la réponse de l’inconnu.
« Le paradis n’existe pas je crois, non ce qu’il a peint comme endroit je crois tout simplement que c’est ce que tout le monde a, mais que personne ne voit ou presque. C’est le coin de l’imagination que les trois-quarts des gens oublient qu’ils ont ! Moi je vois souvent ce paysage, en tout cas un qui y ressemble beaucoup, et je le trouve tout aussi beau ! »
C’était vantard soit ! Mais c’était tout simplement lui, pourquoi est-ce qu’il cacherait le fait qu’il était sûr de lui ? Le blondinet reporta son attention sur le carnet de croquis qu’il tenait sur les genoux, le dessin commençait à prendre forme, seulement le visage de l’homme, même s’il était ressemblant, était tout de même assez différent. Son visage semblait plus calme, à moins que ce ne soit plutôt son coté apaisant qui ressortait ? Nataniel le dessinait tel qu’il le voyait, ne regardant que rarement le visage de l’homme pour avoir quelques lignes directrices, pour lui c’était un visage qui signifiait quelque chose, c’était le visage et la sensation apaisante et attirante qui se dégageait de l’homme. Le jeune homme regarda l’inconnu quelques secondes puis recommença à griffonner, c’était comme un insecte attiré par la lumière, l’inspiration était là, et il n’était vraiment pas décidé à la laisser partir. Ainsi lorsque l’homme s’adressa à lui, Nataniel afficha un sourire franc et amusé, mais il répondit d’un ton toujours enjoué et amusé.
« Ca donnera quelque chose. Je dessine ce que je vois pas ce que tout le monde voit. Je ne commence jamais quelque chose que je ne finis pas, même si a ne sera pas ce soir, ce sera demain ou un autre jour, il ne faut jamais abandonner ce qu’on commence je pense. » _________________  | O» Petit Nouveau O» Caractère Spécial ? |
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|  | | Sveina E. Adamsberg ADMINISTRATEUR*

 { AGE }: 17 { CONNEXIONS }: Sept jours sur Sept.
CHARACTER'S CARD PRENOM*: SVEINA EIRA AGE*: 30 ANS NATIONALITE*: HOLLANDAIS
 | Sujet: Re: Sortie d'Etude au Louvre | Libre | Dim 28 Juin - 1:58 | |
| Ses propres traces… L’esprit en constante liquéfaction de Sveina, mélange de grands touts soutenus et de petits éclats lumineux, n’était pas en mesure de reconnaître ses propres traces. Ce n’était que des petits fragments, des esquisses, d’éphémères exhalations, le scintillement d’un regard rêveur, des gestes lents et gracieux, évasifs, des lèvres rêveuses, des frissons, une douceur peu commune et séduisante qu’il laissait derrière lui. Un parfum étrange, enchanteur, dérobé qui vous effleurait et restait insaisissable. Il s’estompait au fur et à mesure et les traces se perdaient dans le chemin des rêves troublés. Il n’en avait pas, voilà tout. L’éternel mouvement de sa vie englué derrière son visage d’ivoire finement sculpté, n’avait laissé en lui que ce désordre, cette moue rêveuse, ces pensées en fusion mais nulle trace distincte. Elles s’entremêlaient, stigmates éphémères et pourtant éternelles, aériennes échappées, incapables de s’inscrire dans quelque chose de fixe, immuable. A quoi devait-il s’identifier alors ? A un artiste rêveur aux pensées désordonnées ou au flic intuitif qui s’attachait à l’émanation que produisait êtres et petites choses, détails ? Ses lèvres harmonieuses se tordirent en un joli sourire amusé lorsque son jeune voisin évoqua Hercule Poirot ; peut-être était-ce la solution la plus tangible que de s’identifier à une figure fixe, mythique, se couler derrière un personnage dont l’intérieur n’était pas tortueux, la figure du commissaire par excellence, une intelligence remarquable semblable au chercheur d’or qui creusait de longues heures pour trouver le précieux bijou, tout en ne lésinant pas sur un petit verre de blanc ou de cognac de temps à autre. Le doux rire qui franchit ses lèvres provint du fait qu’on ne l’avait jamais comparé au bon vieux commissaire Poirot et plus encore, que l’on devina si vite que cet homme rêveur et abstrait était flic, non qu’il s’en cachât bien sûr. Seulement, lorsqu’on le regardait observer avec concentration les détails de la nature, ou bien s’appliquer à monter un mur en pierre en versant le ciment à la truelle et qu’on lui demandait « Vous êtes maçon ? » et qu’ils obtenaient pour réponse « Non, je suis flic. Commissaire de police. », les gens étaient pour le moins surpris. Promenant ses yeux du côté de la fenêtre ensoleillée, Sveina murmura cette phrase qui sortait si souvent de sa bouche, évasive et purement franche :
« Je ne sais pas… »
Il inspira, regarda ses fines mains posées sur ses cuisses, cherchant ses mots, la meilleure façon d’exprimer ce qu’il ressentait, poser des adjectifs concrets sur quelque chose d’abscons, d’évanescent, d’entremêlé et en mouvance perpétuelle.
« Peut-être est-ce la sensation, les petits éclats, le parfum que dégagent les choses, les gens qui me donnent cette intuition de flic, à moins que ce ne soient les pensées rêveuses, troublées et entremêlées d’un artiste immiscé dans le mouvement général de sa personne qui s’agrippent à ces détails insignifiants et qui me paraissent évidents… Un peu des deux alors. Un mélange étrange qui m’échappe trop souvent. »
Il sourit et posa un instant son regard sur le jeune blondinet qui crayonnait son visage avec application, le regardant parfois de temps à autre. Le visage de Sveina se déroba encore une fois, incapable de se figer, trop vague. Etait-ce la peinture des êtres, de soi, des visages accumulés qui offraient parfois une étrange transparence entre eux qui lui donnait cette perspicacité, cette habilité à saisir lui aussi des détails, même dans des simples mots murmurés ou suspendus dans l’air, inachevés ? Artiste.. Il ne savait si lui pouvait vraiment se comparer à un artiste, si lui savait produire des œuvres d’art, faire naître le beau, en tout cas, l’admirable, si ses tableaux à lui étaient accessibles ou déstructurés, troubles, et si déjà, à l’origine, il recherchait d’être aimé, comme tout artiste à l’origine, ou s’il s’en foutait royalement, avec sa nonchalance habituelle. En tous cas, les seuls amours qu’on lui eût confiés lui échappaient ou il s’en subtilisait. Il ne le recherchait pas, il attendait qu’il surnage à ses yeux ou s’accroche à sa peau, lui procure cet étrange frisson pour qu’il l’incluse et le mêle à son intensité intérieure. Pourtant, il aimait les artistes et leur manière de saisir la vie, les détails, aussi moches et répugnants soient-ils –comme lui le faisait tous les jours également, et qu’ils mettaient en avant pour produire chez le spectateur un sentiment intérieur fort, quelque chose qui accroche son esprit. Ce besoin de reconnaissance et d’identification de la part des autres êtres humains le fascinait car ces artistes-là, qui devenaient célèbres de leur vivant étaient à la fois fondus dans la masse, mais ils en ressortaient, comme des petits éclats scintillants au milieu d’un fleuve. Ce dédoublement fascinait Adamsberg qui ne pouvait se couler dans aucun moule, à croire qu’on l’eût mal formé à la naissance, qu’on est mis un peu trop de tout en lui ce qui produisait ce résultat singulier.
Lorsque le jeune peintre reprit la parole, il évoqua les adultes, avec une vision candide, comme un enfant parlant dans un corps d’homme. Des déclarations justes, vraies, franches dont résultaient cette sagesse enfantine. Adamsberg regarda le jeune homme avec un vif intérêt, un regard plus brillant, trouvant en lui quelque chose qui donnait envie d’aller plus loin, de l’entendre parler plus longtemps. Il aimait sa manière limpide, directe de parler, tout en laissant des silences paisibles flotter, cette similitude qu’ils avaient tous les deux. Le silence ne le gênait pas, non, il lui donnait cette impression de calme pacifique, comparable au moment où l’on émerge au dessus des nuages, que le ciel est bleu, ensoleillé tandis qu’en dessous et sur terre, c’est l’orage qui gronde. C’est pourquoi il n’aimait pas les gens qui faisaient de la parole un outil de pouvoir, de maîtrise totale visant à abaisser ou manipuler l’interlocuteur, les éclats de voix, les montées en puissance virulentes qui étouffaient les mots et brisaient l’échange. Il n’aimait pas les gens qui ne savaient pas écouter, qui semblaient aussi sourds qu’aveugles car leur regard sur la vie était désespérément plat, insignifiant et superficiel. Alors il regarda ce petit bonhomme rêveur qui mordait son rêve à pleines dents, son crayon de bois en main, son petit carnet posé sur les genoux qui dessinait avec application et qui, à grands renforts de taille-crayons, pot de confitures emplis de peinture et esquisses couvrant son parquet, deviendrait un jour peintre. Un Grand, comme il disait. Adamsberg le regardait avec ce regard qui semblait dire « Que cherches-tu ? », lui qui avait en lui ces deux forces doubles, cette intuition, ce regard subtil et profond sur les choses. Que déduisait-il, quelles sensations imperceptibles voulait-il capter ? Il en avait connu un comme ça, qui rêvait, à dix ans d’être pilote de chasse et qui chaque soir effleurait les étoiles de ses lèvres, goûtait aux exhalations de la nuit noire et au ronronnement des moteurs d’avions, là-haut, tout là-haut... A dix-sept ans, il avait enfin embrassé les étoiles et s’était fiancé à la lune. Il était devenu un chasseur d’étoiles dont il était amoureux, emporté dans son grand albatros métallique, carlingue qui vibrait au même rythme que son cœur et son âme magnifiée… Petit Prince qui régnait dans son Paradis infini.
Le Paradis. Son jeune interlocuteur l’évoqua, le réfuta, lui parla de l’invisible et de l’essence des choses qui était en chaque être et qui pourtant restait enfoui en eux, derrière l’épaisseur de l’inutile, du superflu, de l’insignifiant. Ce paysage, ce recoin inexploré et pourtant splendide ; lui le voyait souvent.
« Le délice de l’imagination réside-t-il dans le désordre ? Ce paysage n’apparaît en moi que par fragments, frissons brefs, l’essence est en moi mais l’image se dérobe. C’est comme ça, mon esprit ne sait l’isoler, alors elle se mêle un peu à tout, en transparence. Savoir que son modèle est au Paradis me conforte dans un sens. Je me tiendrais à cela, je crois. »
L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur. La phrase du renard lui revint et laissa sur ses lèvres un sourire pensif, lointain. Où en était-il son cœur ? Perdu dans ses mouvances ? Etait-ce cela qui le rassurait, se dire qu’une partie de ses pensées enfouies qui faisaient parfois surface effleuraient le Paradis.. Parfois flirtaient-elles avec l’autre côté, sombre, lui donnant ce caractère inexplicable, atypique et si doux à la fois. Il reporta son attention sur le croquis du jeune homme :
« Laissez les esquisses, les traits de construction. Puissent-ils vous assurer une certaine stabilité. Finir, achever est souvent périlleux. »
Demain, après-demain, ce visage pouvait être encore plus lointain, plus nuancé, encore plus inaccessible. C’est le genre de croquis qu’on n’achevait pas car le modèle, en perpétuel mouvement, n’était pas achevé, trop subtil et trop soutenu. Lui-même ignorait les accomplissements inexorables vers lesquels sont esprit le conduisait. _________________  Solitaire . Doux . Mouvementé . Rêveur. Séduction insolite.Particulier.Insaisissable. Inexplicable : Tout est affaire d'intensité.
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