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Jade Breste

 { AGE }: 13 { CONNEXIONS }: Tout les jours, ou presque
CHARACTER'S CARD PRENOM*: Jade AGE*: 21 ans NATIONALITE*: Française
 | Sujet: Just a sunny day *| Tony Lun 30 Nov - 22:35 | |
| Etait-ce ça, la vie dont elle rêvait ? Depuis toute petite, elle voulait vivre une vie qui lui ressemblerait, haute en couleur, libre et heureuse. Paris était une ville magnifique, avec ses monuments, ses petits cafés, son architecture, ses évènements. Mais pour la belle, tout cela l’étouffait. Les passants étaient toujours trop pressés, les murs trop hauts lui cachaient le soleil. Une plante a toujours besoin d’eau et de lumière pour se développer, c’est bien connu non ? De l’eau, il y en avait en pagaille, mais la vue de la Seine tumultueuse lui donnait la nausée.
Voilà deux jours qu’elle dépérissait, sujette des actuelles maladies qui se promenaient dans la ville. Emmitouflée dans une couette, une tasse de chocolat chaud à la main, elle regrettait le temps de l’insouciance, où elle se faisait plaisir dans sa petite campagne sans penser au lendemain. Et, entre deux quintes de toux, elle riait de cette crise passagère. Elle était bien égoïste quand elle le voulait, n’était-ce pas elle qui avait travaillé si dur pour pouvoir s’installer ici, dans la capitale ?
Soupirant, elle se leva de son lit, s’enlevant de son petit cocon pour se diriger vers la cuisine, la tasse vide dans les mains. Depuis la veille, la moindre bouchée qu’elle avalait la rendait nauséeuse et sa bouche pâteuse rendait fades tous les aliments. Elle s’était couchée à huit heures, brûlante et n’avait pas eu le temps de se préparer quelque chose. Alors ce matin, elle avait faim. Elle mit sa tasse dans l’évier et ouvrit le frigo. Vide.
Quelle tête en l’air. Elle avait oublié de faire les courses et maintenant, elle se retrouvait seule, en robe de chambre, le ventre vide. Elle ferma les yeux, se concentrant sur le vertige qui la parcourait à l’instant. Puis reprit ses esprits. Elle pouvait toujours faire des courses, mais elle n’avait pas du tout l’envie de cuisiner. Elle jeta un coup d’œil à la petite pendule suspendu au mur. Onze heures et demie. Après tout, un peu d’exercice lui ferait du bien. Sa fièvre était tombée et elle se sentait mieux. Réprimant un gargouillement, elle alla dans sa salle de bain, prit une douche rapide et se prépara pour être à peu près présentable. Elle essaya tant bien que mal de dompter sa chevelure emmêlée, avant de déclarer forfait et de la rassembler en une queue haute.
Quand elle fut prête, habillée bien chaudement avec manteau d’hiver, gants et écharpe, elle mit ses baskets et sortit de son appartement, refermant soigneusement la porte derrière elle. Dehors, il faisait doux et le vent soufflait mollement. Le soleil se cachait derrière les nuages blancs et cotonneux. C’était une belle journée d’automne, mais Jade ne pouvait l’apprécier à sa juste valeur. L’aspirine qu’elle avait pris peu de temps auparavant commençait tout juste à faire effet et la migraine qui tambourinait dans son crâne s’estompait peu à peu. Elle respira une grande goulée d’air, heureuse tout de même de sa petite vie tranquille et solitaire. Elle n’arrivait pour l’instant à s’habituer à la ville, mais était sûre d’y parvenir, un jour où l’autre. Peut-être qu’en se faisant des amies elle y arriverait, qui sait ? Jade n’était pas du genre à aller vers les autres, elle préférait rester dans son coin mais ne voyait pas pourquoi elle ne devrait pas changer. Il y avait tant de choses que Jade n’avait jamais osé faire, étant à Paris depuis peu. Aller au Starbucks du coin, faire du shopping dans des boutiques chics, aller voir un spectacle ou une exposition… Sauf qu’elle n’aimait pas le shopping. Et sortir le soir seule, c’était dangereux.
Elle leva les yeux au ciel, consternée d’avoir en tête des pensées aussi puériles. Peut être qu’elle la perdait, tout bonnement. La tête. C’était fort possible mais pour l’instant, elle devait se concentrer sur quelque chose d’important ; trouver un petit snack, et manger. Elle posa son dévolu sur une petite pizzeria rue Mouffetard, à quelques pas de son studio. Elle entra et sourit ; il faisait chaud et cela sentait bon. Elle mangea rapidement, pressée de retrouver son lit. Quand elle eut payée, elle se releva brusquement et faillit s’écrouler sur le sol. La tête lui tournait atrocement mais elle réussit à sortir du restaurant.
Elle fouilla ses poches mais ne trouva pas de cachets d’aspirine. Tant pis, elle arriverait bien à tenir jusque là. Et puis, son appartement n’était qu’à deux pas. Elle passa sa main gelée sur son front, pour essayer de faire passer son mal de tête. Elle n’était pas malade au point d’en perdre la tête si ? Elle sourit, se sentant un peu bête de penser ça. Elle était si occupée à fouiller ses poches qu’elle percuta une personne.
- Ah euuh… Je suis désolée vraiment je…
Elle n’eut pas le temps d’en dire plus que ses jambes ne purent la porter et elle tomba sur le sol humide et froid.
[ Bon je t'avoue c'est très nul. Voir même trop nul TT Pas beaucoup d'inspiration et puis je me remets doucement au RP donc... ] |
|  | | Tony A. Caulfield ADMINISTRATEUR*

 { AGE }: 17 { CONNEXIONS }: Très fréquentes (parfois sur l'autre compte)
CHARACTER'S CARD PRENOM*: Tony Alexandre AGE*: 22 ans NATIONALITE*: Franco-Américain
 | Sujet: Re: Just a sunny day *| Tony Sam 23 Jan - 18:43 | |
| Il y avait, dans les yeux de Tony, cette étrange transparence opaque qui, immiscée et pétrifiée entre les rainures émeraude de ses iris, lui donnait cette expression terne et amère. Ainsi semblait se dépeindre l'image même d'un désespoir brutalisé et d'une angoisse immense qui se mêlait à une colère non-feinte, un goût de fiel qui emplissait la bouche du jeune homme dès que se matérialisaient, dans les limbes de son esprit, les ombres menaçantes des sourires carnassiers des mafieux reconvertis provisoirement en assassins. Ils étaient semblables à des félins qui jouent avec leur proie, enfonçant leurs griffes de temps à autre pour faire hurler la bête sans jamais la tuer, et ils se régalent d'un tel spectacle, eux qui peuvent tuer avec panache quand ils veulent et où ils veulent... Si seulement les boyaux de Tony ne pouvaient se tordre et son sang battre à ses tempes que pour sa personne, il n'aurait pas cherché à résister au coup de griffe final. Il se serait retranché dans son périmètre de sécurité, celui qu'il avait toujours utilisé dans ces moments extrêmes; la fuite était son traditionnel refuge ainsi l'eût-il utilisé à nouveau, effaçant et détruisant tout passé et reconstruisant froidement sur les braises brûlantes de ses peurs en affichant le masque d'un homme sans scrupule. Il se coulerait dans ce moule de fonte pour parer toute atteinte et aimerait à rêver comme tant de fois auparavant, le voir se refermer sur lui à jamais. Mais il n'y avait pas de place pour deux dans son moule protecteur, même en serrant le corps fragile et précieux de l'être qu'il chérissait le plus au monde contre son corps tiède. Même en le serrant à jamais contre lui. Son amour était d'une extrême profondeur et semblait à lui seul être une enveloppe protectrice. Mais son amour ne la sauverait pas, ne les sauverait pas des balles. Il fallait s'y résigner ou continuer à grincer des dents dans l'ombre et refouler sa colère. Il ne pourrait effacer les traces; comme ses yeux brouillés de larmes et de colère, il devait brouiller la piste. Et dans ces moments où il marchait seul sur le bitume, chaque pas qui l'éloignait d'elle creusait davantage la blessure marquée par son absence, leurs peurs communes, la peur de ne pas voir son visage blême et ses boucles brunes dans la pénombre. Rentrer à leur tanière et ne plus la voir. Cette simple idée lui insufflait une douleur qui n'avait d'égale que sa colère. Son Petit Homme serait bien capable de prendre les armes et faire face aux félins et hurler sa haine aux spectres qui les brutalisaient, tous deux. Ainsi compensait-il son absence, lorsqu'il se devait de s'éloigner un peu de leur repère, par son inimité, feu que seule Sharwyn semblait être en mesure de calmer.
Elle lui avait confié sa vie, il lui avait confié son être et son cœur. Ainsi ressentait-il plus expressément son absence par la meurtrissure qui, à mesure qu’il s’éloignait d’elle, se muait en une déchirure. Il ne se sentait pas entier et son cœur meurtri ne transmettait à présent à ses veines qu’une amertume qui contractait ses muscles et brutalisait son regard. Il n’en sortirait pas indemne, il le savait. Alors, pure inconscience, autodestruction ou une colère si grande qu’elle lui inspirait la défiance de sortir en plein jour sans regarder derrière lui et ne pas se soucier de l’endroit où ses pas le porteraient ? Pire encore, agir comme cela en se sachant traqué et laisser Sharwyn seule à la planque… Mais le loup avait besoin de sa liberté, de se confronter au monde pour cracher le goût amer du venin en surplus que son cœur diffusait dans ses veines.
Il s’interdisait la rétrospection depuis quelques temps car il préférait ne pas avoir à porter un regard sur lui de peur d’en être dégoûté. Jamais il n’aurait pu imaginer, il y a six mois, qu’il pourrait devenir cet étranger, celui qui l’habitait à présent. Pourtant, il devait s’y faire car l’étranger en question était bien réellement lui, mais transformé par la situation extrême dans laquelle il se trouvait. Mais les hommes qui luttent pour leur survie ne sont-ils pas appellés à se surpasser ou au contraire renoncer à leurs idéaux ? Tony, dans le cas présent, avait suivi les deux voies. Bien sûr, il s’était découvert autre, plus courageux, plus fort, plus aimant, plus résistant, mais il avait égalemment compris qu’en situation d’urgence, il pouvait agir de manière assez ‘incorrecte’ –selon les principes et l’éducation qu’il avait reçu. Braver les interdictions, découvrir qu’en parrallèle au sien, il avait toujours existé cet autre monde et il avait vécu si près sans jamais s’en rendre compte ou sans jamais le vouloir. Et aujourd’hui, il le découvrait, il découvrait les entrailles de Paris, les coulisses de la Ville Lumière…
Il avait donc mis de côté ses scrupules et avait renoncé à y penser, se bornant à l’instinct, s’empêcher de trop penser. Sauver sa peau et celle de Sharwyn. Quand il pensait et se retrouvait totalement lui-même, ce n’était qu’en compagnie de sa belle aux doigts blêmes.. Il ne voulait exister qu’à ses yeux car il semblait qu’il n’avait de prix qu’à son regard. Alors, instinctivement, notre loup s’était extirpé de sa tanière car il mourrait de faim..
A vrai dire, depuis le drame, il n’était pas revenu chez lui car il se doutait que les mafieux et leur clique de tueurs devaient paisiblement l’attendre. Pas de portefeuille, pas d’argent. Le peu qu’il avait sur lui avait déjà été dépensé. Trouver à manger et de l’argent. Quitte à voler.
Rue Mouffetard, beaucoup de passants en cet après-midi ensoleillé. Des sourires radieux, les cliquetis des tasses pleines de café fumant, des vagues bienfaisantes de chaleur s’échappant des restaurants… La vie était belle pour les parisiens. Tant mieux, pensa ironiquement Tony avec un regard grinçant qui trahissait une extrême fatigue et une lente tristesse, presque attendrissante sur le visage du jeune homme. Son regard émeraude lorgnait les facades tandis qu’il inspirait le bon air de Paris ; dieu ! que cela lui manquait ! Sa chère ville dont il ne connaissait plus que les souterrains et les planques à présent. Il se prit à rêver du temps idyllique et éphémère où il longeait les quais ensoleillés de l’Ile de la Cité, de nuit pluvieuses un mois de Juillet, d’un article à boucler assis à la terrasse d’un café du quartier latin, d’un Grand Palais sublimé par la nuit étoilée, d’un baiser volé sur un quai de la gare de Lyon.. Haley, Sharwyn. La fin.
La chute également. De ses pensées, de ce qu’il avait été et d’une jeune femme qui venait à l’instant de le percuter et qui bafouilla quelques mots avant de s’effondrer au sol : les mains de Tony ne purent la retenir à temps. Il fallu qu’elle soit d’une grande fragilité pour ainsi choir à terre, à moins que ce soit la carrure du jeune américain qui.. ? Cette pensée déclencha un petit rire sarcastique chez Tony qui se pencha néanmoins vers la jeune femme allongée dans la neige. Il posa la main sur sa hanche et tenta de la faire bouger légèrement pour l’éveiller –car, très pâle, elle semblait inconsciente. Au moment où il posa sa main, il sentit sous sa paume la forme distincte d’un portefeuille qui dépassait légèrement de sa poche. Il retira sa main aussitôt et vérifia de ses yeux ce qu’il avait pressentit. Et c’était, de ce fait, très tentant.. Injuste mais tentant. Quoique, n’avait-il pas laissé ses scrupules de côté ? Ne se méprisait-il pas pour cela déjà ? Un rapide calcul dans sa tête et déjà la jeune femme semblait s’éveiller. Il lui sourit gentiment et murmura :« Le choc a été rude. Si j’en suis le responsable, veuillez me pardonner. Vous sentez-vous mieux ? »
Il lui présenta son bras pour l’aider à se relever doucement et poursuivi d’une voix complaisante : « Vous devriez vous relever avant que la neige vous ensevelisse ! Tenez, accrochez-vous à mon bras.. »
Son bras gauche. Car le droit glissa de l’autre côté pour la maintenir à la taille et, visiblement, l’empêcher de vaciller. Visiblement donc, car avec habilité, il tentait d’extirper le portefeuille de la jeune femme avant de le faire glisser dans sa manche. Ses yeux teintés de tristesse et de douceur restaient, quant à eux, plongés dans ceux de la jeune femme avec la même impassibilité.
_________________ «Love is our resistance. They'll keep us apart and they wont stop breaking us down. Hold me. If we live a life in fear, I'll wait a thousand years just to see you smile again. » |  |
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